Lire l'intégralité de l'interview ici : INTERVIEW – SHAFICK OSMAN, DOCTEUR EN GÉOPOLITIQUE (PARIS-SORBONNE): « UNE MAJORITÉ DE CEUX QUI ONT VOTÉ POUR L’ALLIANCE DU CHANGEMENT EN 2024 LE REGRETTENT AMÈREMENT ! »
Sunday, 29 March 2026
« J'ai toujours dit que Maurice est un grand pays, mais ses dirigeants nous font comprendre depuis toujours qu'on est petit ! »
Friday, 13 November 2020
MBC TV : notre participation dans l'émission "Focus" sur les îles de la République de Maurice
Nous avons proposé qu'une liste de jours fériés propre à Rodrigues soit établi, que l'État mauricien prenne des actions vis-à-vis de la France sur la question de Tromelin et que Maurice garde "la tête froide" en jouant les différentes cartes tant avec les puissances étrangères présentes dans la région (Inde, États-Unis, France, Chine etc.) qu'avec d'autres puissances (la Russie, par exemple) et des puissances émergentes telle la Turquie.
Nous remercions la MBC qui nous a bienveillamment fait parvenir le fichier MP4 de l'émission et que nous avons repris et posté sur YouTube avec nos interventions.
Vijay Ram de Londres est également intervenu dans l'émission où il y a eu une interview du chef-commissaire de Rodrigues, Serge Clair, ainsi que celle du président du Groupe Réfugiés Chagos, Olivier Bancoult.
Le journal télévisé en hindoustani, Samachar, de la MBC TV, avait annoncé le programme le mardi 10 novembre dernier :
- 01'08 - 02'07 (territoires de la République de Maurice)
- 02'22 - 03'50 (Rodrigues)
- 14'33 - 16'25 (Chagos)
- 48'40 - 54'44 (enjeux géopolitiques de l'État-océan mauricien)
Saturday, 7 November 2020
Notre participation dans l'émission de Radio Plus-TéléPlus, "Élections présidentielles américaines : quels enjeux pour Maurice ?"
Nous étions invités par Radio Plus-TéléPlus (Maurice), le mercredi 4 novembre 2020, à commenter sur les résultats et enjeux des élections étasuniennes surtout par rapport à Maurice. Nous avons eu le plaisir de retrouver virtuellement l'ami Michaël Atchia sur le plateau.
Nos interventions se situent de 26:45 à 28:17 via Skype et de 33:13 à 46:48 par téléphone. Pour des raisons de décalage horaire (neuf heures de différence), nous n'avons pu rester jusqu'à la fin de l'émission. C'est la toute première fois que nous étions sur le plateau "Au Coeur de l'info" avec Ruth Rajaysur et Al-khiz Ramdhin.
Le lien de l'émission sur YouTube : Élections présidentielles américaines : quels enjeux pour Maurice ?
Sunday, 27 September 2020
Shafick Osman - Ma contribution au livre "Mondo-Virus : Storia e Geopolitica del Covid-19"
Source : 5-Plus Dimanche, Maurice, 21 juin 2020 (Shafick Osman : Ma contribution au livre «Mondo-Virus : Storia e Geopolitica del Covid-19»
Ma collaboration avec le professeur Michel Korinman : «Je connais le Pr Korinman depuis 2003, au temps où j’avais commencé mon DEA (aujourd’hui mastère 2 recherche), à Marne-la-Vallée. Depuis, on a collaboré sur plein de projets dont la majorité était les différents numéros de la revue européenne de géopolitique Outre-Terre. Il était aussi mon directeur de recherche, non seulement pour le DEA mais aussi et surtout pour ma thèse de doctorat à Paris IV (Paris-Sorbonne). Depuis fin 2018, je publie Outre-Terre dans une petite maison d’édition à Londres.»
Quand le projet de Mondo-Virus : Storia e Geopolitica del Covid-19 est né : «Il est évident que quelque chose devait être fait au niveau géopolitique quand le monde a commencé à changer drastiquement, du moins dans l’hémisphère nord, en mars. J’avais fait quelques réflexions à ce moment-là, comme beaucoup d’autres, sur les différentes pistes quant à l’origine de la Covid-19, sur ses effets et répercussions, etc. Je me suis dit qu’il fallait probablement écrire un livre au lieu de faire une édition spéciale de revue, pour exprimer et partager cela avec le concours de plusieurs collaborateurs. En quelque sorte, il fallait pérenniser ce moment, ce tournant même, de l’état du monde. Dans une conversation téléphonique il y a trois mois environ, j’ai fait état de mes pensées au Pr Korinman qui était d’accord sur le projet car lui-même avait fait des réflexions similaires. L’idée a vite fait son chemin sous sa direction.»
Autour du livre : «Cest l’histoire du SARS-Cov-2 et des problématiques géopolitiques de la pandémie dans différentes régions du monde. Le livre, sorti initialement en Italie, et en italien, a du sens car ce pays était au centre même de la pandémie il y a peu de temps.»
Ma contribution : «J’ai contribué très modestement à l’ouvrage en faisant un survol de la situation, début mai, de ce que la Commission de l’océan Indien appellerait “l’Indianocéanie”, c’est-à-dire La Réunion, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles. On m’avait proposé de travailler sur le Canada mais j’ai refusé car je ne me sentais pas capable de le faire.»
Si les Mauriciens pourront avoir accès à cet ouvrage : «Oui, bien sûr, ils peuvent l’acheter en ligne depuis un moment déjà mais c’est actuellement en italien ! Pour la version française, il faudra attendre un peu.»
Le coronavirus et Ottawa : «La capitale fédérale canadienne n’a pas été épargnée, comme la plupart des capitales du monde. Mais je dois avouer que les autorités ont bien géré la crise ici, bien que l’Ontario soit la deuxième province la plus touchée du Canada, après le Québec. Au 17 juin, on était à 386 cas. En tout, Ottawa-Gatineau a eu un peu plus de 2 500 cas et, malheureusement, 260 morts. Si vous voulez avoir une idée : au 17 juin, la province de l’Ontario avait eu, elle, 32 744 cas, avec 2 550 décès. Et pour le Canada en entier, au 17 juin, c’était 99 853 cas et 8 254 morts. Le virus est en ralentissement au Canada et au rang mondial, le pays est passé de la 12e place des pays les plus touchés il y a quelques semaines à la 17e place au 18 juin.»
Ma vie au rythme de la Covid-19 : «Cela n’a pas été
facile, surtout pour les courses, et c’est toujours le cas car il faut
prendre plusieurs précautions, non seulement dans les supermarchés mais
aussi, une fois dans la voiture pour rentrer, et après, il y a toute la
corvée pour désinfecter les produits, les lunettes, le téléphone, la clé
de voiture, les poignets de porte. Sans compter qu’il faut changer tous
ses vêtements une fois rentré chez soi. On a tous un peu vécu cela mais
ici, ce n’est pas fini ! Le ramadan et la fête Eid-ul-Fitr ont été des
moments très particuliers et uniques sans la mosquée, les visites, etc.
Mais après trois mois maintenant, je peux dire que je prends la chose
positivement car j’ai bénéficié de beaucoup de choses depuis : j’ai
appris, grâce à mon épouse, mais aussi grâce à Internet, des recettes de
cuisine que j’ai pu pratiquer, je me suis mis à la vidéo et à YouTube,
j’ai été beaucoup plus productif au travail, il y a eu un resserrement
des liens avec la famille et les amis proches. C’est globalement positif
mais j’attends tout de même le déconfinement total car, avec l’été, le
Canada invite grandement à sortir.»
Mon avis sur la façon dont les autorités mauriciennes ont géré la situation dans l’île : «Je suis à 15 000 km de Maurice mais d’après ce que j’ai pu suivre via les médias et les réseaux sociaux, je peux dire que généralement, cela a été bien géré. Bravo aux autorités pour le côté sanitaire surtout.»
Maurice, le déconfinement et les frontières fermées : «Je
pense que le gouvernement a raison de laisser les frontières fermées
car la situation est encore précaire et instable sur le plan
international. Je sais que cela porte un coup très dur au tourisme, à
l’aviation, entre autres, mais le pays ne peut prendre de risques au
jour d’aujourd’hui. Cela dit, je suis content que les Mauriciens et
résidents de l’île Maurice aient pu reprendre leur train de vie habituel
et peuvent désormais se rendre à la plage et ailleurs. Cela dit, je
suis très inquiet pour l’avenir du pays car Maurice est toujours très
dépendante, trop dépendante, de l’étranger. Il y a là une chance de
réinventer Maurice, son économie, ses marchés, ses sources… Mais je ne
sais pas si les autorités, le privé et la société civile dans son
ensemble sont prêts pour cela. Je crois que c’est peut-être trop
demander mais ce sont des temps très durs qui attendent le pays et sans
revoir les choses fondamentalement, de A à Z, je crois que Maurice aura
des jours très difficiles devant elle.
À moins, bien entendu, de
rester et de tomber encore plus dans les filets du FMI, de l’AFD, de
l’Union européenne, de l’OCDE, de la Banque mondiale. Il faut de
l’ingéniosité, du courage et des projets indigènes et autonomes pour
sortir de là. Il faut aussi la participation des différentes forces
vives car seul, le gouvernement aura des difficultés à faire face aux
situations à venir. Il y a là l’urgence d’un collectif national, il n’y a
pas ou très peu de place pour la partisanerie politique.»
Quelle leçon faudrait-il, selon vous, retenir de cette situation ? «Une chose est sûre : demain ne sera plus jamais comme hier ! Je note qu’au début de la crise, à Maurice, il y avait beaucoup de nouvelles idées, de nouveaux concepts, entre autres, en circulation dans les médias et sur les réseaux sociaux mais depuis le déconfinement partiel et surtout depuis le déconfinement total, je réalise que les Mauriciens reviennent “à la normale”. Beaucoup ne réalisent pas les dégâts au niveau mondial et se concentrent sur l’actualité mauricienne, et il y a bien plus que Maurice dans l’affaire. C’est aussi une occasion pour l’île de développer sérieusement toutes ces terres que les différents États africains ont mis à la disposition de l’État mauricien depuis plusieurs années déjà et qui devraient être une source de production alimentaire pour le pays mais aussi une terre de développement de nouveaux projets générateurs de revenus. Cela devrait aller de pair avec le vrai développement des opportunités de l’État-océan – projet qu’aucun gouvernement n’a pris au sérieux depuis sa mise sur pied en 2010, malheureusement. Le moment est grave mais pas désespéré. Tout dépendra de ce que feront les autorités dans les semaines et mois qui viennent.»
Saturday, 13 June 2020
Shafick Osman parle de l'indianocéanie dans le livre, "MondoVirus, Storia e Geopolitica del Covid-19"
Tuesday, 2 June 2020
Géopolitique de la République de Maurice : quelles attentes désormais ?
| Localité/village | Population (2018) vi | Statut actuel | Statut recommandé |
| Baie du Tombeau | 15 226 | Village | Rattaché à la cité de Port Louis |
| Le Hochet | 15 585 | Village | Rattaché à la cité de Port Louis |
| Terre Rouge | 11 155 | Village | Rattaché à la cité de Port Louis |
| Triolet | 24 242 | Village | Ville |
| Goodlands | 21 058 | Village | Ville |
| Rivière du Rempart | 11 007 | Village | Ville (vii) |
| Bel Air Rivière Sèche | 18 036 | Village | Ville |
| Centre de Flacq | 16 174 | Village | Ville |
| Mahebourg | 15 442 | Village | Ville |
| New Grove | 11 035 | Village | Ville (avec Rose Belle) |
| Rose Belle | 12 245 | Village | Ville (avec New Grove) |
| Chemin Grenier | 12 313 | Village | Ville |
| Surinam | 10 582 | Village | Ville (avec Souillac viii) |
| St Pierre | 16 606 | Village | Ville (avec Moka ix) |
| Bambous | 17 308 | Village | Ville |
| Grande Rivière Noire | 3 009 | Village | Ville (avec Tamarin x) |
| Grand Baie (xi) | 12 158 | Village | Ville |
(iii) Ibid.
(iv) Cf. Shafick Osman, « Rodrigues, Agalega, St-Brandon, les Chagos et les mauriciens de l’étranger : Les oubliés de la République… », lexpress.mu, 6 avril 2014, https://www.lexpress.mu/idee/rodrigues-agalega-st-brandon-les-chagos-et-les-mauriciens-de-letranger-les-oublies-de-la (consulté le 5 mars 2020).
(v) Ibid.
(vi) Cf. Digest of Demographic Statistics 2018, Regular Reports, Publications, Statistics Mauritius, 2018, http://statsmauritius.govmu.org/English/StatsbySubj/Documents/Digest/Demography/Digest_Demo_Yr18.pdf (consulté le 10 mai 2020).
(vii) Avec annexion de quelques autres villages/localités.
(viii) Population 2018 : 4 442.
(ix) Population 2018 : 8 649 (Moka East).
(x) Population 2018 : 4 247.
(xi) Incluant Mon Choisy et Pereybère.
(xii) Cf. Digest of Demographic Statistics 2018, Regular Reports, Publications, Statistics Mauritius, 2018, p. 38, http://statsmauritius.govmu.org/English/StatsbySubj/Documents/Digest/Demography/Digest_Demo_Yr18.pdf (consulté le 10 mai 2020).
(xiii) Cf. Christian Bouchard, Shafick Osman & Christiane Rafidinarivo (2019) Southwest Indian Ocean Islands: identity, development and cooperation, Journal of the Indian Ocean Region, 15:1, 1-7, DOI: 10.1080/19480881.2019.1564133
(xiv) Ibid.
(xv) Cf. Shafick Osman, « Une chance pour Lepep de travailler sur la géopolitique de Maurice ? », Business Magazine, 10 au 16 mars 2015, https://www.businessmag.mu/article/une-chance-pour-lepep-de-travailler-sur-la-geopolitique-de-maurice (consulté le 10 mai 2020).
(xvi) Cf. Osman Shafick, « Entretien avec Arvin Boolell Le vaste chantier de l’« État-océan » a commencé », Outre-Terre, 2010/2 (n° 25-26), p. 429-431. DOI : 10.3917/oute.025.0429. URL : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2010-2-page-429.htm (consulté le 10 mai 2020).
Tuesday, 26 May 2020
Chagos : il faut que Maurice demande aux éditeurs et fabricants étrangers de modifier leurs cartes et globes également
Par ailleurs, deux fautes d'orthographe sont à relever dans cette mappemonde des Nations-Unies (World Map 4170 R18.1 Feb20 - the United Nations) : Agaléga ou Agalega est écrit comme, "Agaleda" et Rodrigues, comme "Rodriges".
Surveillance de la douane
La majorité des mappemondes indiennes, très présentes à Maurice, mentionnent toujours que les Chagos sont un territoire... britannique !
Les représentations mauriciennes, à l'étranger, ou les responsables du bureau du commerce international, à Port Louis, doivent aussi demander aux éditeurs et fabricants étrangers de changer les mentions "UK" et / ou "BIOT" concernant les Chagos ou Diego Gracia, surtout, mais aussi "Fr" s'agissant de Tromelin, dans leurs atlas, cartes, mappemondes et globes terrestes destinés à Maurice. La majorité des mappemondes indiennes, très présentes à Maurice, mentionnent toujours que les Chagos sont un territoire... britannique !
Précédents
Pour rappel, l'ancien ministre de l'Éducation James Burty David avait interdit un atlas, en 1996, une publication joliment préparée par l'université de Bordeaux III, avec le concours du Pr Singaravelou, car Tromelin était mentioné comme territoire français ! Les Éditions Le Printemps avaient dû, elles aussi, réimprimer une page de leur atlas, voici quelques années, car Tromelin avait été mentioné comme territoire français. Par ailleurs, Osman Publishing et les Éditions de l'océan Indien (depuis fin 2005, tout au moins) ont scrupuleusement respecté et ont fait toujours très attention à la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de la République de Maurice dans leurs atlas, cartes et mappemondes.
Autre anecdote sur le sujet : lors d'une réunion à la primature, en 2010 ou 2011, nous étions étonnés de voir, dans une des salles d'attente au bureau du Premier ministre, au Treasury Building, à Port Louis, une grande mappemonde avec "UK" ou "BIOT" à côté des... Chagos ! Nous avions averti Kailash Ruhee, alors Chief of Staff, à la primature, pour cette entrave majeure à l'intégrité territoriale de Maurice.
L'hebdomadaire mauricien Star a repris notre papier dans son édition du 29 mai au 4 juin 2020 (no. 1848), comme suit :
Saturday, 9 May 2020
Géopolitique : ce qu’on peut espérer des autorités mauriciennes pour la présente décennie
By Shafick Osman
(docteur en géopolitique, Paris-Sorbonne,
GÉOPOLITIQUE INTERNE
Le rapport entre l’île principale de la République que la Constitution de Maurice décrit comme Island of Mauritius (que nous traduisons par île Maurice) et les autres territoires de la République est à repenser. Repenser pour une participation bien plus active, un rapport bien plus fécond entre l’île Maurice et les territoires constitutionnels mauriciens que sont Rodrigues, Agalega, l’archipel des Chagos, St Brandon (Cargados Carajos) et Tromelin. L’intellectuel et journaliste mauricien Joël Toussaint propose, depuis mars 2011, un concept d’État-fédéral où les différents territoires de la République auraient une autonomie maximale avec, surtout, un rapport égalitaire. Un drapeau fédéral mauricien a même été proposé récemment sur Facebook !
Repenser la République, c’est aussi fédérer les peuples et résidents et/ou natifs de l’île Maurice, de Rodrigues, d’Agalega, des Chagos et de St Brandon – il n’y a aucun habitant de nos jours sur Tromelin – autour d’un projet commun, d’une destinée commune. Si Rodrigues bénéficie certes d’une autonomie quelconque depuis 2002 via la Rodrigues Regional Assembly, les autres territoires de la République de Maurice sont contrôlés directement par le gouvernement central sauf pour les Chagos et Tromelin, où les contentieux sur la souveraineté mauricienne restent entiers malgré la reconnaissance claire de la souveraineté mauricienne sur les Chagos, en 2019, par la cour internationale de justice et par l’Assemblée générale des Nations unies. Agalega aurait dû avoir une certaine autonomie aussi avec la création de l’Agalega Island Council, en 2004, mais le conseil n’a jamais réellement fonctionné et il n’a pas bénéficié non plus, il est vrai, d’un fort soutien politique du gouvernement central.
La représentation des territoires de la République est aussi une problématique pas très répandue parmi les classes politique et intellectuelle mauriciennes. La dominance de l’Island of Mauritius, un héritage colonial datant des Britanniques, est flagrante au Parlement : 60 sièges sur 62 (20 circonscriptions sur 21), à l’Assemblée nationale mauricienne, reviennent à l’île Maurice ; Rodrigues a droit, elle, à deux sièges seulement avec une circonscription alors que la norme, pour l’île Maurice, est de trois sièges par circonscription. Pire, Agalega est représentée depuis l’an 2000 seulement et cela avec une incorporation dans la circonscription No. 3, Port-Louis Est - Port-Louis Maritime. Résultat : il n’y a pas eu et il n’y a jamais eu de député agaléen pour représenter Agalega depuis 20 ans maintenant et même Shakeel Mohamed, député de la circonscription depuis 2010, a avoué, en juillet dernier, au Parlement, que les députés du No. 3 n’arrivent pas à s’occuper de leurs mandants, à Agalega, faute de visites et de moyens logistiques adéquats !
Les quelque 25 résidents de St Brandon, dont beaucoup y séjournent la plupart de l’année, ne peuvent voter sur place et il n’y a aucune représentation des 28 îlots de Cargados Carajos au sein de l’Assemblée nationale mauricienne ! Le gouvernement MSM-ML a bien voulu rajouter les Chagos à une circonscription existante, en juillet 2019 – chose que nous avions dénoncée, à l’époque, demandant plutôt une circonscription à part entière pour les Chagos – mais force est de constater qu’aux élections du 7 novembre dernier, les Chagos n’avaient toujours pas de représentation malgré le vote unanime de l’Assemblée nationale mauricienne, le 12 juillet 2019, pour l’intégration des Chagos dans une circonscription existante. Et on n’a point entendu l’Electoral Boundaries Commission sur ce sujet depuis. Nous étions les premiers à demander, en 2009, une circonscription à part entière pour Agalega et donc, un député agaléen pour Agalega.
Nous étions les premiers à demander, en 2009, une circonscription à part entière pour Agalega et donc, un député agaléen pour Agalega
Nous étions également les premiers, en 2014, dans le sillage du White Paper du Premier ministre Navin Ramgoolam, sur les réformes électorales, à demander qu’il y ait un député des Chagos au Parlement mauricien
Quant à Tromelin, il devrait, lui aussi, avoir une représentation mais Paul Bérenger, leader de l’Opposition, en 2009, avait déjà proposé cette inclusion de Tromelin, St Brandon et des Chagos mais dans une circonscription existante, lors d’une Private Notice Question, le 21 novembre 2009, au Premier ministre d’alors, Navin Ramgoolam, qui avait déclaré qu’il allait présenter une motion, dans ce sens, à l’Assemblée nationale, mais qui n’a jamais été présentée par la suite.
S’agissant d’Agalega et de St Brandon, il est inconcevable – on avait écrit cela en 2014 – que l’Outer Islands Development Corporation (OIDC), structure parapublique dépassée mais qui gère toujours ces deux territoires de la République, devrait céder la place à un statut plus officiel, plus étatique et moins dénigrant – il n’y a pas de présence administrative de l’État mauricien à St Brandon – pour ces deux territoires riches en superficie maritime et en ressources halieutiques. Notre proposition de l’équivalent d’un préfet (un commissaire ?) pour Agalega et St Brandon tient bon et, à notre avis, il faut une nouvelle législation pour combler le vide sur la souveraineté de l’État mauricien sur l’ensemble des îlots de St Brandon dont la moitié est la propriété du privé, sous la forme d’un bail à perpétuité, octroyée, en 1901, par l’administration coloniale. Lequel bail pourrait être octroyé à la même société qui détient aujourd’hui les droits, Raphaël Fishing Company Limited, sous forme d’un bail à durée limitée cependant.
GÉOPOLITIQUE EXTERNE
La politique étrangère de Maurice ainsi que ses rapports de force avec les puissances et blocs étrangers ne devraient pas changer au cours des dix prochaines années. Hormis quelques bifurcations à l’Est, et dans le camp socialiste, au temps de la Guerre froide, Maurice n’a jamais vraiment changé de politique étrangère depuis son indépendance même si certains rapports de force ont changé, au fil des décennies, s’agissant surtout du Royaume-Uni (écart), de la France (rapprochement) et de l’Inde (rapprochement important).
Maurice doit traduire, à nouveau, sa devise de ‘l’étoile et la clé de la Mer des Indes’ en réalité. Déjà très présente au sein de nombre d’organisations régionales et internationales et porteuse de nombreux hubs dans la région, Maurice doit travailler en vue d’une fusion, à moyen terme, de la Commission de l’océan Indien (COI) et de l’Indian Ocean Rim Association (IORA). Les sièges de ces deux organisations se trouvent à Maurice et le pays est un des membres fondateurs de ces deux organisations indianocéaniques. La France demande un statut d’observateur au sein de l’IORA, ce qui est plutôt bon signe pour un rapprochement entre la COI et l’IORA. La résistance pourrait venir de l’Union européenne, qui finance la majorité des projets de la COI, avec la France, en appui. Comme tous les États membres de la COI, à part la France, sont membres de l’IORA, il ne fait plus de sens d’avoir deux associations différentes pour le bien commun du bassin océan Indien.
Les relations avec l’Inde, la France, l’Union européenne, la Chine et les États-Unis ne devraient connaître aucun changement majeur de même qu’avec les blocs régionaux africains (SADC, Comesa, Union africaine). Un changement notable cependant qui n’est pas passé inaperçu ces dernières années : l’ouverture vers l’Arabie saoudite depuis 2015 ! Un changement de politique notable de la part des autorités mauriciennes qui renforce du coup ses relations avec les Émirats arabes unis, particulièrement, au détriment des adversaires du royaume saoudien tels que l’Iran et le Qatar, surtout.
Il est difficile à prédire si Maurice continuera à jouer, à fond, la carte saoudienne mais le positionnement neutre de Maurice – pour s’aligner sur sa devise, ‘ami de tout le monde et ennemi de personne’ – devrait prévaloir au niveau du monde arabo-musulman, surtout dans les pays du Golfe. Mais ce positionnement de Maurice conforte les États-Unis et aussi, l’Inde, devenue depuis peu proche tant des Émiratis que des Saoudiens. Reste à savoir si Port-Louis va finalement agréer à la mise sur pied d’une ambassade turque à Maurice, au vu des échanges en hausse avec la Turquie. Seul problème dans le monde arabe, pour Maurice, reste la question du Sahara occidental que Maurice reconnaît depuis le gouvernement de 1982 mais qui empêche des relations ‘normales’ avec le Royaume du Maroc, qui ne reconnaît pas la souveraineté du Sahara occidental. Avec plus d’un millier de Marocains sur le sol mauricien depuis quelques années, le Maroc essaye de faire une percée, au niveau diplomatique, à Maurice, mais sans grand succès jusqu’ici. Maurice pourra-t-elle, avec ses partenaires de la SADC, par exemple, faire pression sur le Maroc pour que le royaume chérifien accepte la tenue d’un referendum, au Sahara occidental, pour l’autodétermination, comme recommandé par les Nations unies ?
Le succès de Maurice, à New York et à La Haye, devrait aussi lui permettre d’aider l’autre frère malgache, au niveau international, sur leur revendication des Îles Eparses (Juan de Nova, Europe, Bassas da India, îles Glorieuses) tout en proposant ses services de médiateur pour résoudre le contentieux malgacho-comorien sur les îles Glorieuses, notamment sur le banc de Geyser
Quant à Tromelin, que Madagascar ne revendique plus depuis la fin des années 70 grâce à Paul Bérenger, Maurice devra choisir sa voie pour donner suite à la non-réalisation du projet de cogestion de l’îlot signé par la France et Maurice (où il n’était nullement question de souveraineté mais de cogestion scientifique, environnementale/ ressources halieutiques et archéologiques), en 2010, mais qui n’a jamais été ratifié par l’Assemblée nationale, en France, comme veut la législation française.
Une chance pour Lepep de travailler sur la géopolitique de Maurice ?
Lire l'intégralité du papier : Une chance pour Lepep de travailler sur la géopolitique de Maurice ? (Shafick Osman)
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| Photo fournie par Shafick Osman |
Comment donc la République de Maurice peut-elle profiter de sa géopolitique, surtout avec un nouveau pouvoir politique, porteur d’espoir, depuis le 11 décembre dernier ? Pour que le nouveau gouvernement puisse « profiter » de sa géopolitique, il faudrait, au prime abord, qu’il comprenne et sache, en toute souveraineté et sans influence étrangère aucune, ce que c’est sa géopolitique, tant interne qu’externe.
Nous essayerons de dégager quelques pistes, quelques options, qui puissent servir de repère en souhaitant que le premier Budget du gouvernement Lepep puisse combler le manque trop cruel dans le manifeste électoral de leur alliance et les grandes lignes bien trop générales dans le récent discours-programme.
On utilisera le terme « mappemonde mauricienne » de façon délibérée. Après 47 ans d’Indépendance et 23 ans de régime républicain, la République de Maurice doit se replacer sur la mappemonde. Il faut absolument savoir ce que l’État mauricien veut à moyen et à long terme, où il veut aller et y être. À partir de là, ce serait plus facile de savoir où se placer, quelles aires géographiques privilégier ou pas.
Quelles utilités pour toujours avoir une représentation diplomatique de haut niveau en Égypte mis à part la portée historique de la chose ? Qu’on ne vienne pas nous parler des relations commerciales car le commerce, on le sait, se fait très bien hors des ambassades et autres représentations diplomatiques. Si on est en doute, il n’y a qu’à prendre l’exemple de Singapour où Maurice ne possède ni consulat ni ambassade.
Autre ambassade qu’il faudra de toute évidence revoir: celle de Berlin. Mise en place au temps de Navin Ramgoolam I, à la fin des années 90, cette ambassade nous sert-elle à quelque chose ? Les relations n’ont jamais été intenses entre l’Allemagne et Maurice et on est en droit de se demander quelle est la pertinence que Maurice soit présente à Berlin.
Par contre, cette ambassade pourrait laisser la place à deux consulats-généraux de Maurice : un en Allemagne même ou en Europe centrale, à Prague, par exemple, et un deuxième soit en Scandinavie soit en Europe du Nord. Les pays scandinaves représentent de réels intérêts pour Maurice, que ce soit au niveau de la coopération éducative, du tourisme, de la gouvernance ou de l’innovation. Un rapprochement du côté de Stockholm ou d’Oslo, voire d’Helsinki, serait certainement bénéfique pour plusieurs de nos secteurs. Il n’y a qu’à voir la présence des agences de développement scandinaves en Afrique continentale et à Madagascar pour se rendre compte que Maurice est à l’écart du potentiel nordique.
Autre aire géographique totalement négligée et pas des moindres : l’Amérique du Sud. Il est inconcevable que Maurice n’ait point de représentation diplomatique dans ce «continent» d’avenir. Si la viande brésilienne, le lait uruguayen et d’autres produits de consommation courante du Pérou et d’Argentine sont de plus en plus présents dans nos grandes surfaces, il n’en demeure pas moins que le potentiel de la coopération technique, sportive, économique et au niveau de la recherche, pour ne citer que ceux-là, est énorme, surtout venant du géant brésilien et du voisin argentin dans une moindre mesure.
L’Alliance sociale de 2005 avait annoncé l’ouverture d’une ambassade à Brasilia ou à Buenos Aires mais depuis, niet. Le gouvernement Lepep ouvrira-t-il une ambassade au Brésil ou en Argentine pour couvrir toute l’Amérique latine, afin que notre ambassade à Washington n’ait plus la responsabilité de tout le continent américain ? Et dans le même souffle, n’est-il pas temps que Maurice ait un consulat-général à Ottawa, capitale du Canada, où existe une forte communauté mauricienne et où les possibilités d’échanges et de coopération sont multiples ?
Autres pôles où Maurice devrait, à notre avis, avoir des représentations diplomatiques (consulats-généraux plutôt) pour des raisons stratégiques: île de la Réunion, Singapour, Afrique de l’Ouest (Dakar ou Accra, par exemple), Afrique centrale (exemple : Libreville ou Brazzaville), Comores, Nairobi ou Dar es-Salaam, Inde du Sud (Chennai ou Bangalore), Abu Dhabi ou Doha (Istanbul dans le futur ?) et Tokyo ou Séoul. Cette liste n’est pas exhaustive, bien entendu, et demande à être étudiée soigneusement et revue en fonction des priorités.
Et à côté de nos ambassades existantes, faut-il encore donner un nouveau souffle à celle de Maputo qui mérite une attention plus importante car le Mozambique serait bientôt le « Qatar de l’Afrique », selon des observateurs spécialisés, avec le fort potentiel gazier dans les eaux mozambicaines. Faut-il aussi repenser notre ambassade à Kuala Lumpur – que Bérenger demandait à fermer il y a peu de temps – qui devrait être bien plus présent dans l’ensemble du Sud-Est asiatique, mis à part Singapour.
Le nouveau gouvernement a certes des ambitions dans cet espace maritime de 2,3M km2, le 19e plus important au monde, mais rien de durable ne pourra être entrepris si les particularités des territoires de la République formant cet État-océan ne sont pas prises en compte de manière judicieuse. Si on est tenté de laisser Rodrigues de côté momentanément car l’île bénéficie non seulement de sa propre assemblée régionale depuis 2002 et d’un pouvoir politique fort depuis les élections mais aussi Serge Clair est, semble-t-il, dans les bons papiers du gouvernement Lepep et cela devrait être de bon augure pour le futur immédiat de l’île (iv). Mais à côté de Rodrigues, il y a Agalega, St Brandon, les Chagos et Tromelin.
Si le nouveau Private Parliamentary Secretary (PPS), Salim Abbas Mamode, responsable de la circonscription No 3 et donc d’Agalega, affiche une volonté de résoudre les problèmes exposés par l’ONG Les Amis d’Agalega, la petite île se trouvant à un millier de kilomètres de Port-Louis, mérite une attention toute particulière. Négligée par la plupart des gouvernements, Agalega mérite un statut et du respect au sein de la République de Maurice. Souhaitons qu’après la visite du Premier ministre indien, Narendra Modi, l’atterrissage d’aéronefs commerciaux et l’accostage de navires à St James ne seraient plus un vieux rêve non seulement d’Agaléens, mais aussi des citoyens de la République.
Il est donc important que les autorités non seulement s’attellent aux problèmes pratiques des Agaléens et à leurs besoins infrastructurels, mais encore le Parlement devrait avoir un représentant d’Agalega à part entière. Nous avons eu l’occasion de le dire dans L’Express dimanche, en 2009, et nous avons élaboré dessus, en avril 2014, suite à la publication du Consultation/White Paper sur les réformes électorales de l’ancien Premier ministre Ramgoolam. Comment peut-on nier aux quelque 300 habitants de l’île le droit de se faire représenter au sein d’une circonscription – si petite soit elle – qui pourrait, par ailleurs, regrouper St Brandon dans un premier temps ?
L’Outer Islands Development Corporation (OIDC), organisme gouvernemental s’occupant des îles éparses que sont Agalega et St Brandon, devrait être totalement revu pour en faire une agence de développement moderne, participative, dont la gestion se ferait avec le concours étroit de la communauté agaléenne (sur place et à l’île Maurice), du futur député d’Agalega (ou d’Agalega et de St Brandon) et des autres forces vives intéressées au sein de la République. L’Agalega Island Council également doit être revu car non seulement il ne serait pas en opération depuis un certain temps, mais il devrait permettre aux Agaléens de gérer leur île avec ses particularités et avec une dose d’autonomie, comme les Rodriguais.
La politique du nouveau gouvernement sur St Brandon doit être claire : laissera-t-il quelque 40 % des îlots de l’archipel de Cargados Carajos au privé avec des baux à vie sur des îlots – obtenus à l’époque coloniale – ou entamera-t-il des discussions avec la Raphaël Fishing Company Limited pour la révision des baux sur une durée limitée mais renouvelable ? Cette refonte de l’OIDC se fera-t-elle avec des pouvoirs additionnels pour agir un peu comme un préfet dans cet archipel difficile d’accès par mer et accessible par hydravion seulement ? C’est une réflexion nécessaire au vu du projet d’éco-tourisme de la société Raphaël Fishing sur l’archipel où le nombre de résidents (saisonniers ou pas) sera en hausse avec la présence de touristes, etc.
Nous n’allons pas élaborer sur les contentieux des Chagos et de Tromelin, territoires faisant partie de l’État-océan, car cela mérite un développement à part, mais force est de constater que sur ce chapitre, que des généralités ont été dites. Concernant les Chagos, l’heure H approche avec, en 2016, le renouvellement quasi automatique de vingt ans du bail des britanniques aux Étatsuniens.
Que fera le nouveau pouvoir politique en ce sens ? Une demande de participation aux discussions, comme l’avait suggéré Navin Ramgoolam quand il était Premier ministre ou sir Anerood Jugnauth, aura-t-il une approche différente ? Les réponses de sir Anerood au leader de l’Opposition ont été assez évasives au Parlement le jeudi 26 février dernier.
Pour ce qui est de Tromelin, comme les priorités du gouvernement socialiste sont, semble-t-il, différentes du gouvernement Sarkozy sur la question, peut-on espérer que l’Assemblée nationale française débatte enfin de ce projet de cogestion de l’îlot (concernant les ressources halieutiques, la gestion de l’environnement et l’archéologie) pour que l’accord signé par les gouvernements mauricien et français, en 2010, devienne une réalité et soit enfin mis en pratique ? Non, si on se réfère aux réponses du Premier ministre et à une des questions supplémentaires de Paul Bérenger lors de la Private Notice Question du 26 février.
Selon ce qu’on a pu entendre et lu au Parlement récemment, devrait-on donc oublier cet accord de cogestion et proposer à la France, « pays ami » par excellence, une formule de co souveraineté qui serait, à vrai dire, une solution durable et qui devrait régler ce contentieux entre la France et Maurice pour de bon ?
(i) On peut définir l’anglosphère comme l’ensemble des pays « anglo-saxons » avec les pays majoritairement «anglophones» du Nord et du Sud qui partagent plus ou moins la même politique au niveau des affaires étrangères : Royaume-Uni, Etats-Unis d’Amérique, Canada, Australie et la Nouvelle-Zélande. L’Irlande et l’Afrique du Sud peuvent, dans certains cas, être ajoutés à cette liste.
(ii) On utilise «Maurice» comme diminutif de «République de Maurice». L’île Maurice est ce que la Constitution appelle l’«Island of Mauritius».
(iii) On se souviendra que l’alliance PTr-MMM avait proposé, dans leur programme électoral, d’avoir une ambassade en Arable saoudite et une autre au Qatar.
(iv) Une des demandes du gouvernement régional OPR sur la desserte aérienne directe Réunion-Rodrigues sera de nouveau une réalité bientôt grâce au soutien du ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo.
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