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Sunday, 9 January 2022

Shafick Osman : "Un réel plaisir d'être publié dans le même volume qu'un Prix Nobel !"

 

La couverture du livre.

 "Géopolitique de Maudrigosa : des possibilités politiques bien réelles" est le titre de la contribution de Shafick Osman dans le beau livre de Carl de Souza, Maudrigosa, paru en novembre 2021, à l'île Maurice. Fort de 260 pages, Maudrigosa, est un "manifeste" non seulement de Carl de Souza, auteur, ancien sportif et pédagogue, mais aussi de l'écrivaine d'Ananda Devi et de la journaliste et écrivaine Shenaz Patel, accompagnés de la journaliste Dominique Bellier et de l'universitaire Kumari Issur. Un "manifeste poétique" autour des territoires de la République de Maurice essentiellement : l'Île Maurice, Rodrigues, les Chagos, Agaléga, St Brandon et Tromelin.

 

Première page du texte de Shafick Osman.

Plus de 60 collaboratrices et de collaborateurs ont répondu à l'appel de Carl de Souza dont le Prix Nobel de littérature Jean-Marie G. Leclézio, Ananda Devi qui a reçu le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature française de l'Académie française pour l'ensemble de ses oeuvres, l'écrivaine de renom Marie-Thérèse Humbert, le critique littéraire Issa Asgarally, l'ex secrétaire général de la Commission de l'océan Indien Jean-Claude de l'Estrac, etc.

Quelques collaboratrices et collaborateurs de Carl de Souza.

"Géopolitique de Maudrigosa" parle de la question de souveraineté de Tromelin, des subtilités administratives et légales de l'archipel Cargados Carajos, de la représentation politique de Rodrigues, d'Agaléga et des Chagos, ainsi que du manque de vue d'ensemble de la République de Maurice... Pour Shafick Osman, docteur en géopolitique et spécialiste des îles de l'océan Indien, "c'est un réel plaisir d'être publié aux côtés des plus grands noms contemporains du pays dont le Prix Nobel Jean-Marie Leclézio".

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Pour comander le livre : carlodes94@gmail.com.


Friday, 13 November 2020

MBC TV : notre participation dans l'émission "Focus" sur les îles de la République de Maurice

 

(c) Mauritius Broadcasting Corporation, 2020

Nous étions invités à participer à l'émission Focus qui avait pour thème, Les îles de la République de Maurice, sur la télévision nationale mauricienne (MBC TV), le mardi 10 novembre 2020.

Du Canada, nous avons répondu aux questions du journaliste Ishwa Gunnoo via WhatsApp. Nos réponses retenues concernent principalement Rodrigues, les Chagos, Tromelin et les enjeux géopolitiques de l'État-océan mauricien de quelque 2,4 M km2 qui place le "territoire marin" de la République de Maurice parmi les plus grands au monde.

Nous avons proposé qu'une liste de jours fériés propre à Rodrigues soit établi, que l'État mauricien prenne des actions vis-à-vis de la France sur la question de Tromelin et que Maurice garde "la tête froide" en jouant les différentes cartes tant avec les puissances étrangères présentes dans la région (Inde, États-Unis, France, Chine etc.) qu'avec d'autres puissances (la Russie, par exemple) et des puissances émergentes telle la Turquie.

Nous remercions la MBC qui nous a bienveillamment fait parvenir le fichier MP4 de l'émission et que nous avons repris et posté sur YouTube avec nos interventions.

Vijay Ram de Londres est également intervenu dans l'émission où il y a eu une interview du chef-commissaire de Rodrigues, Serge Clair, ainsi que celle du président du Groupe Réfugiés Chagos, Olivier Bancoult.

Le journal télévisé en hindoustani, Samachar, de la MBC TV, avait annoncé le programme le mardi 10 novembre dernier :


Nos interventions dans Foccus, "Les îles de la République de Maurice", se situent comme suit :
  • 01'08 - 02'07 (territoires de la République de Maurice)

  • 02'22 - 03'50 (Rodrigues)

 
  • 14'33 - 16'25 (Chagos)

 
  • 48'40 - 54'44 (enjeux géopolitiques de l'État-océan mauricien)

Tuesday, 2 June 2020

Géopolitique de la République de Maurice : quelles attentes désormais ?

Papier publié sur le site internet mauricien citoyens.news, le 17 mai 2020 : Géopolitique de la République de Maurice : quelles attentes désormais ?

By Shafick Osman*

Dans un papier publié par l’hebdomadaire Business Magazine (i), en mars 2020, nous disions, d’emblée qu’il n’y avait pas grand espoir que les positions géopolitiques de la République de Maurice changent dans les années à venir, voire dans cette nouvelle décennie du calendrier grégorien. Mais le SARS-Cov-2 a atterri, à Maurice, depuis, et avec la pandémie, et surtout, avec le ralentissement net des activités un peu partout dans le monde, les choses ont bien changé désormais. Que pouvons-nous attendre désormais des postures géopolitiques des autorités mauriciennes ?

(c) Shafick Osman, Ontario, Canada, 2020. All Rights Reserved.


Si nous devons toujours poser les problématiques de géopolitique interne, nous ne sommes pas cependant dupes car les autorités mauriciennes vont très probablement reporter les questions de géopolitique interne à la République à bien plus tard car la priorité du moment sera de « refaire » l’économie et de se concentrer, peut-être, plus à la géopolitique externe. N’empêche que nous posons les problématiques suivantes qui devront être adressées tôt ou tard, dépendant de la conjoncture.

Nouvelle République

Le rapport entre l’île principale de la République de Maurice que la Constitution de Maurice décrit comme Island of Mauritius (que nous traduisons par Île Maurice), et les autres territoires de la République, est à repenser. Repenser pour une participation bien plus active, un rapport bien plus fécond entre l’île Maurice et les territoires constitutionnels mauriciens que sont Rodrigues, Agaléga, l’archipel des Chagos, St Brandon (Cargados Carajos) et Tromelin. L’intellectuel et journaliste mauricien Joël Toussaint avait proposé, en mars 2011, au Book Café, à Belle Rose, un concept d’État-fédéral où les différents territoires de la République aurait une autonomie maximale, avec, surtout, un rapport égalitaire. Un bon point de départ pour une réflexion sur une éventuelle vraie… deuxième République qu’on nommera projet de Nouvelle République car depuis la campagne électorale de 2014, ce concept de deuxième République sonne trop faux.

Repenser la République, c’est aussi fédérer les peuples et résidents et / ou natifs de l’île Maurice, de Rodrigues, d’Agaléga, des Chagos et de St Brandon – il n’y a aucun habitant de nos jours sur Tromelin – autour d’un projet commun, d’une destinée commune. Si Rodrigues bénéficie certes d’une autonomie quelconque depuis 2002 via la Rodrigues Regional Assembly Act, les autres territoires de la République mauricienne sont contrôlés directement par le gouvernement central sauf pour les Chagos et Tromelin où les contentieux sur la souveraineté mauricienne restent entiers malgré la reconnaissance claire de la souveraineté mauricienne sur les Chagos, en 2019, par la Cour internationale de justice et par l’assemblée générale des Nations-Unies. Agaléga aurait dû avoir une certaine autonomie aussi avec la création de l’Agalega Island Council, en 2004, mais le conseil n’a jamais réellement fonctionné et il n’a pas bénéficié non plus, il est vrai, d’un vrai soutien politique des différents gouvernements, de Port Louis.

Nous prenons le risque de dire que la représentation des territoires de la République est le cadet des soucis de nos élus et dirigeants – c’est très rare que nous entendons quelque chose dessus. C’est une problématique aussi pas très répandue parmi l’élite politique et intellectuelle du pays.

La dominance de l’Island of Mauritius, un héritage colonial datant des Britanniques, est flagrante au Parlement : 60 sièges sur 62 (vingt circonscriptions sur vingt-et-une), à l’assemblée nationale mauricienne, revient à l’île Maurice ; Rodrigues a droit, elle, à deux sièges seulement avec une circonscription alors que la norme, pour l’île Maurice, est de trois sièges par circonscription. Pire, Agaléga est représentée depuis l’an 2000 seulement et cela, avec une incorporation dans la circonscription no. 3, Port Louis Est – Port Louis Maritime. Résultat : il n’y a pas et il n’y a jamais eu de député agaléen pour représenter Agaléga depuis vingt ans maintenant et même Shakeel Mohamed, député de la circonscription depuis 2010, a avoué, en juillet 2019, au Parlement, que les députés du no. 3 n’arrivent pas à s’occuper de leurs mandants, à Agaléga, faute de visites et de moyens logistiques adéquats !

St Brandon et Agaléga

La vingtaine de résidents de St Brandon dont beaucoup y séjournent la plupart de l’année, ne peuvent voter sur place et il n’y aucune représentation des 28 îlots de Cargados Carajos au sein de l’assemblée nationale mauricienne, 52 après l’indépendance du pays et 28 ans après la République ! Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, en 2019, lors de son discours, à l’assemblée nationale, en vue de la motion du gouvernement pour incorporer les Chagos dans une circonscription existante, a voulu faire l’avocat de St Brandon pour sa représentation somme toute légitime, mais il s’est fait ridiculiser par le Premier ministre !

Le gouvernement MSM-ML a bien voulu rajouter les Chagos à une circonscription existante, en juillet 2019 – chose que nous avions dénoncé, à l’époque, demandant plutôt une circonscription à part entière pour les Chagos (ii) – mais force est de constater qu’aux élections du 7 novembre dernier, les Chagos n’avaient toujours pas de représentation malgré le vote unanime de l’assemblée nationale mauricienne, le 12 juillet 2019, pour l’intégration des Chagos dans une circonscription existante. Et on n’a point entendu l’Electoral Boundaries Commission sur ce sujet depuis.

(c) Shafick Osman, 2020, Ontario, Canada. All Rights Reserved.


Nous étions les premiers à demander, en 2009, une circonscription à part entière pour Agaléga (iii) et donc, un député agaléen pour Agaléga. Nous étions également les premiers, en 2014, dans le sillage du White Paper du Premier ministre Navin Ramgoolam sur les réformes électorales, à demander qu’il y ait un député des Chagos (iv), au Parlement mauricien, en sus d’un député pour la diaspora mauricienne, à l’étranger. Et nous avions même demandé qu’il y ait une nouvelle circonscription Agaléga - St Brandon qui permettrait aussi la représentation de Cargados Carajos, à l’assemblée nationale mauricienne.

Quant à Tromelin, si jamais l’îlot devait être peuplé, ne serait-ce que de quelques personnes, un jour, il devrait, lui aussi, avoir une représentation mais Paul Bérenger, leader de l’opposition, en 2009, avait déjà proposé cette inclusion de Tromelin, St Brandon et des Chagos mais dans une circonscription existante, lors d’une Private Notice Question, le 21 novembre 2009, au Premier ministre d’alors, Navin Ramgoolam, qui avait déclaré qu’il allait présenter une motion, dans ce sens, à l’assemblée nationale, mais qui n’a jamais été présentée par la suite.

S’agissant d’Agaléga et de St Brandon, il est inconcevable – on avait écrit cela, en 2014 (v) – que l’Outer Islands Development Corporation (OIDC), structure parapublique dépassée mais qui gère toujours ces deux territoires de la République, devrait céder la place à un statut plus officiel, plus étatique, et moins dénigrant (il n’y a pas de présence administrative de l’État mauricien, à St Brandon), pour ces deux territoires riches en superficie maritime et en ressources halieutiques.

Notre proposition de l’équivalent d’un préfet (un commissaire ?) pour Agaléga et St Brandon teint bon et, à notre avis, il faut une nouvelle législation pour combler le flou sur la souveraineté de l’État mauricien sur l’ensemble des îlots de St Brandon dont la moitié est la propriété du privé, sous la forme d’un bail à perpétuité, octroyée, en 1901, par l’administration coloniale, et confirmée par un jugement du Privy Council, en juillet 2008. Lequel bail qui pourrait être octroyé à la même société qui détient aujourd’hui les droits, Raphaël Fishing Company Limited, mais sous la forme d’un bail à durée limitée et renouvelable.

Nouvelles villes

Et pour clore la question de la représentativité dans le contexte actuel, Rodrigues, les Chagos, Agaléga et St Brandon devraient être présents dans tous les ministères par le biais de représentants permanents car ces territoires doivent avoir leur mot à dire sur les projets et orientations politiques des divers ministères et corps parapublics. Ou alors, il faudrait qu’il y ait la présence d’un représentant officiel d’Agaléga, des Chagos et de St Brandon – la loi permet au chef-commissaire de Rodrigues d’assister aux réunions du conseil des ministres – au conseil des ministres de la République, chaque semaine.

Et comment terminer sur les territoires de la République mauricienne sans mentionner l’absurdité que l’île Rodrigues ne soit même pas pourvue d’une ville ! Port Mathurin mérite amplement le statut de ville-capitale avec un élargissement tant du côté de Lascars Bay et Anse aux Anglais que du côté de Camp du Roi et peut-être, avec Oyster Bay – cela fait des années que nous le disons ! Mont Lubin et Petit Gabriel (ou autres localités de Rodrigues) et leurs environs pourraient aussi avoir le statut de ville vu leurs démographies respectives. Dans les années 70, au primaire, nous apprenions que la « capitale » de Rodrigues était Port Mathurin alors qu’en réalité, quarante ans après, Port Mathurin est resté au statut… rural !

Quant à Agaléga, un titre de chef-lieu devrait être conféré officiellement au « village » Vingt-Cinq et le statut de sous chef-lieu à Sainte Rita, dans l’île du Sud. L’île Raphaël, à St Brandon, devrait avoir le statut, elle aussi, de chef-lieu de l’archipel de Cargados Carajos – le véritable problème sera, en effet, le statut de l’île car, officiellement, c’est une île privée mais où tous les services gouvernementaux sont installés (National Coast Guard, station météorologique, les pêcheries etc.) !

Et, à l’île Maurice, les autorités devraient enfin accorder le statut de ville à nombre de « villages » très importants qui sont aujourd’hui non seulement très développés mais aussi quasiment urbanisés tels Rivière Noire-Tamarin, Grand Baie, Centre-de-Flacq, Triolet, Goodlands, Rivière-du-Rempart, Moka-St Pierre, Mahebourg, Rose Belle-New Grove et Souillac-Surinam. Certaines localités devraient être annexées à des villes avoisinantes ou à la cité de Port Louis comme le suugère le tableau suivant.

 Localité/village Population (2018) vi
 Statut actuel Statut recommandé
 Baie du Tombeau 15 226 Village         Rattaché à la cité de Port Louis
 Le Hochet 15 585 Village Rattaché à la cité de Port Louis
 Terre Rouge 11 155 Village Rattaché à la cité de Port Louis
 Triolet 24 242 Village Ville
 Goodlands 21 058 Village Ville
 Rivière du Rempart 11 007 Village Ville (vii)
 Bel Air Rivière Sèche 18 036 Village Ville
 Centre de Flacq 16 174 Village Ville
 Mahebourg 15 442 Village Ville
 New Grove 11 035 Village Ville (avec Rose Belle)
 Rose Belle 12 245 Village Ville (avec New Grove)
 Chemin Grenier 12 313 Village Ville
 Surinam 10 582 Village Ville (avec Souillac viii)
 St Pierre 16 606 Village Ville (avec Moka ix)
 Bambous 17 308 Village Ville
 Grande Rivière Noire 3 009 Village Ville (avec Tamarin x)
 Grand Baie (xi)
 12 158 Village Ville

Deux des villes existantes sont à repenser également. Faudrait-il séparer Beau Bassin (comprenant Mare Gravier et Coromandel) de Rose Hill pour avoir deux villes moyennes d’environ 50 000 habitants chacune ? Logiquement, Rose Hill devrait alors comprendre Ébène qui a été annexée à la ville de Quatre Bornes depuis un moment déjà. D’autre part, la ville exponentielle qu’est devenue Vacoas-Phoenix (104 654 habitants xii avec Hermitage, d’un côté, et les Sept Cascades, de l’autre) ne devrait-elle pas être scindée, elle aussi, en deux pour en faire deux villes de tailles moyennes ?

Politique étrangère : statu quo ?

La politique étrangère de Maurice ainsi que ses rapports de force avec les puissances et blocs étrangers changent rarement. Hormis quelques bifurcations, à l’Est, et dans le camp socialiste, au temps de la Guerre froide, Maurice n’a jamais vraiment changé de politique étrangère depuis son indépendance même si certains rapports de force ont changé, au fil des décennies, s’agissant surtout du Royaume-Uni (écart), de la France et de l’Union européenne (rapprochement) et, enfin, de l’Inde (rapprochement important).

Maurice doit traduire, à nouveau, sa devise de « l’étoile et la clé de la Mer des Indes », en réalité. Déjà très présente au sein de nombre d’organisations régionales et internationales et porteuse de nombreux hubs dans la région, Maurice doit travailler en vue d’une fusion, à moyen terme, de la Commission de l’océan Indien (COI) et de l’Indian Ocean Rim Association (IORA). Les sièges de ces deux organisations se trouvent à Maurice et le pays est un des membres fondateurs de ces deux organisations indianocéaniques.

La France demande un statut d’observateur au sein de l’IORA, ce qui est plutôt bon signe pour un rapprochement entre la COI et l’IORA. La résistance pourrait venir de l’Union européenne qui finance la majorité des projets de la COI, avec la France, en appui. Comme tous les États membres de la COI, à part la France, sont membres de l’IORA, il ne fait plus de sens d’avoir deux associations différentes pour le bien commun du bassin Océan Indien.

C’est l’avocat et leader du défunt Mouvement Républicain, Rama Valayden, qui disait voici une vingtaine d’années que Maurice devrait amener l’Inde et le Pakistan autour d’une table de discussions pour résoudre le problème du Cachemire mais trop tard, semble-t-il, car le gouvernement hindouiste nationale de Narendra Modi a déjà annexé l’État jadis autonome, selon la constitution indienne, de Jammu et Kashmir, au pouvoir central de New Delhi, sans l’autorisation ou un référendum quelconque – pourtant, prévu dans la constitution indienne, avant le 5 août 2019, avec les fameux articles 370 et 35a - avec une restriction sans précédente de liberté de mouvement, d’internet, de communications téléphoniques, assignation à résidence de tous les leaders et élus politiques locaux etc. et un black-out aussi précédent sur l’état des choses dans cet unique État majoritairement musulman.

Maurice soutient plus que jamais l’Inde et il n’y a aucune indication que les choses seraient différentes dans les années à venir et c’est plutôt le contraire qui devrait se passer car les puissances occidentales favorisent cette relation de très grande proximité de Maurice avec l’Inde que beaucoup considèrent comme la mère-patrie, à Maurice.

Les relations avec la France, l’Union européenne, la Chine et les États-Unis ne devraient connaître aucun changement majeur de même qu’avec les blocs régionaux africains (SADC, Comesa, Union Africaine). Un changement notable qui n’est pas passé inaperçu ces dernières années : l’ouverture vers l’Arabie Saoudite depuis 2015. Un changement de politique notable de la part des autorités mauriciennes qui renforce du coup, ses relations avec les Émirats Arabes Unis, l’Égypte etc. au détriment des adversaires du royaume saoudien tels que l’Iran et, surtout, le Qatar.

Difficile à prédire si Maurice continuera à jouer, à fond, la carte saoudienne mais le positionnement neutre de Maurice – pour s’aligner sur sa devise « amie de toute le monde et ennemie de personne » - devrait prévaloir au niveau du monde arabo-musulman, surtout dans les pays du Golfe. Mais ce positionnement de Maurice conforte les États-Unis et aussi, l’Inde, devenue depuis peu, proche tant des émiratis que des saoudiens. Reste à savoir si Port-Louis va finalement agréer à la mise sur pied d’une ambassade turque, à Maurice, au vu des échanges en hausse avec la Turquie.

Tromelin, Mayotte et Madagascar

Seul problème dans le monde arabe, pour Maurice, reste la question du Sahara Occidental que Maurice reconnaît depuis le gouvernement de 1982 mais qui empêche des relations « normales » avec le Royaume du Maroc qui ne reconnaît pas la souveraineté du Sahara Occidental. Avec plus d’un millier de Marocaines sur le sol mauricien depuis quelques années, le Maroc essaye de faire une percée, au niveau diplomatique, à Maurice, mais sans grand succès jusqu’ici. Maurice pourra-t-elle, avec ses partenaires de la SADC, par exemple, faire pression sur le Maroc que le royaume chérifien accepte la tenue d’un référendum, au Sahara Occidental, pour l’autodétermination, comme recommandé par les Nations-Unies ?

Concernant Mayotte, Maurice joue la carte apaisée. La République mauricienne ne reconnaît pas Mayotte comme un territoire français – et encore moins, comme un département de France – mais elle ne le fait pas savoir, dû moins, en public. Elle ménage bien-sûr ses relations avec la France mais Maurice peut très bien, fort de son expérience à l’assemblée générale des Nations-Unies et à la Cour internationale de justice, aider le frère comorien à « récupérer » Mayotte que les Nations-Unies ne reconnaissent pas comme un territoire français, tout comme la Ligue arabe et l’Union africaine, entre autres.

Le succès de Maurice, à New York et à La Haye, devrait aussi la permettre à aider l’autre frère malgache, au niveau international, sur leur revendication des Îles Eparses (Juan de Nova, Europe, Bassas da India, Îles Glorieuses) tout en proposant ses services de médiateur pour résoudre le contentieux malgacho-comorien sur les Îles Glorieuses (xiii), notamment sur le banc de Geyser (xiv).

(c) Shafick Osman, 2020 - Ontario, Canada. All Rights Reserved.


Quant à Tromelin que Madagascar ne revendique plus depuis la fin des années 70 grâce à Paul Bérenger, Maurice devra choisir sa voie pour donner suite à la non-réalisation du projet de cogestion de l’îlot signé par la France et Maurice (où il n’était nullement question de souveraineté mais cogestion scientifique, environnementale/ressources halieutiques et archéologique), en 2010, mais qui n’a jamais été ratifié par l’assemblée nationale, en France, comme veut la législation française.

Deux fois retirés de l’agenda de l’assemblée nationale française depuis 2010, il n’y a plus grand espoir que la cogestion de Tromelin devienne une réalité. Que fera Maurice ? Aller à l’assemblée générale des Nations-Unies comme ce fut le cas pour les Chagos et éventuellement, à la Cour internationale de justice, encore une fois ou trouver une solution, à l’amiable, avec le pays « ami » qu’est la France ? Quant à nous, depuis plusieurs années et depuis notre thèse de doctorat sur la géopolitique de la République de Maurice, en 2013, nous optons pour une solution de co-souveraineté calqué sur le modèle du condominium des Nouvelles-Hébrides entre la France et le Royaume-Uni.

Nouvelle carte des ambassades ?

Sur le plan de notre diplomatie, comme nous l’écrivions, en mars 2015 (xv), il est grand temps que Maurice revoit ses représentations diplomatiques dans le monde. L’ambassade de Maurice, à Berlin, n’est vraiment pas d’une grande utilité et elle pourrait être convertie en consulat général afin d’ouvrir une ambassade mauricienne, en Afrique centrale ou en Afrique de l’ouest (Dakar ou Accra, par exemple).

L’ambassade de Maurice, au Caire, également n’a plus son importance depuis l’ouverture et la promotion de l’ambassade, à Riyad. Il est clair que c’est Riyad qui « gère » aujourd’hui la politique arabe de Maurice et c’est un consulat général qui devrait plutôt être aménagé, au Caire, pour faire place à une nouvelle ambassade mauricienne, à Brasilia, dans un espace géographique où Maurice n’est pas présente, diplomatiquement parlant.

Il a été question de l’inutilité de l’ambassade, à Kuala Lumpur, également ces dernières années et au vu des relations privilégiées avec Singapour, c’est plutôt là-bas qu’il faudrait une ambassade mauricienne ou à défaut, un consulat général de Maurice. Et la question se pose aussi pour le Canada où des dizaines de milliers de Mauriciens y sont mais sans ambassade ni consulat général.

Quelle politique pour demain ?

Les affaires étrangères et la diplomatie sont souvent les parents pauvres dans les discours-programmes et autres projets du gouvernement mais avec la nouvelle donne planétaire dû au SARS-Cov-2 et à l’effondrement de l’économie des pays et blocs traditionnellement importants pour Maurice (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Union européenne etc.), que deviendra Maurice, demain ? Quelles seront ses nouveaux axes de coopération pour se réinventer ? Quels sont les nouveaux accords à privilégier, sur le plan régional et international ? Par exemple, Maurice favorisera-t-elle le concept de « Grand Océan Indien », cher à Didier Robert, président de Région Réunion, via l’IORA, pour se repositionner et se donner une place de choix ?

Au niveau de l’Afrique continentale, Maurice se rapprochera-t-elle d’un pays comme l’Ethiopie (via Ethiopian Airlines ?) qui en pleine croissance, par exemple ? Le gouvernement va-t-il pousser Air Mauritius à s’allier avec un partenaire stratégique fructueux comme Air Seychelles l’a fait avec Etihad, en 2012 ?

Le pays va-t-il enfin se réveiller pour travailler et développer les terres qu’il a obtenues, au fil des années, à Madagascar, au Mozambique, au Congo-Brazzaville et au Ghana, entre autres, pour enfin assurer sa sécurité alimentaire et aider les entrepreneurs et industriels mauriciens à réussir ailleurs ? Maurice jouera-t-elle, à fond, la carte africaine, à plusieurs niveaux, pour se relancer ?

Maurice va-t-elle objectivement se rapprocher plus de la Chine en ces temps de post-confinement ? Si oui, quelle sera la réaction de l’Inde, adversaire de toujours de la Chine ? L’ambassadeur Soodhun va-t-il trouver des partenariats clés avec l’Arabie Saoudite, par exemple, pour aider Maurice à sortir de la crise ?

Et sur le plan interne, les autorités mauriciennes comprendront-elles, enfin, qu’une des solutions les plus durables pour l’économie mauricienne est ce que l’ex-ministre Arvin Boolell avait qualifié, en 2010, de « l’État-océan » (xvi) ? Un projet annoncé dans tous les discours-programmes de ces dix dernières années mais pas encore réalisé ! Le gouvernement actuel mesura-t-il enfin la portée de ce projet qui pourrait transformer le pays non seulement économiquement mais aussi politiquement, avec un positionnement fort et clé dans cette région du monde ?

Beaucoup de questions, trop d’interrogations, et peu de visibilité en ces temps de déconfinement, à Maurice, mais nous souhaitons juste que les autorités ne se laissent pas influencer et dicter par les traditionnels « partenaires » tels le FMI, la Banque Mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne, l’AFD etc. Espérons que Maurice pourra preuve de sa créativité, d’innovation, de courage, sans succomber aux recettes venant de Washington DC, Paris ou Bruxelles !

Souhaitons que les autorités gouvernementales réunissent toutes les parties prenantes (société civile, politiques de tous bords, dirigeants d’entreprises, intellectuels etc.) pour non pas repenser l’économie mauricienne mais aussi et surtout, refondre Maurice de tous parts, en toute souveraineté, un acte de efase-refer (effacer et refaire) qui ferait non seulement le plus grand bien à la population mauricienne mais aussi aux dirigeants de la nation, à moyen terme !


* Docteur en géopolitique (Paris-Sorbonne) et chercheur associé à la Florida International University (Miami)

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Enn rezime sa papie la an kreol morisien


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(i) Cf. Shafick Osman, « Géopolitique : ce qu’on peut espérer des autorités mauriciennes pour la présente décennie », Business Magazine, 18 - 24 mars 2020, no. 1431, https://www.businessmag.mu/article/geopolitique-ce-quon-peut-esperer-des-autorites-mauriciennes-pour-la-presente-decennie (consulté le 10 mai 2020).
(ii) Cf. Shafick Osman, « Non à l’intégration des Chagos dans une circonscription existante !», Le Mauricien, 17 juin 2019, https://www.lemauricien.com/article/non-a-lintegration-des-chagos-dans-une-circonscription-existante/ (consulté le 5 mars 2020).
(iii) Ibid.
(iv) Cf. Shafick Osman, « Rodrigues, Agalega, St-Brandon, les Chagos et les mauriciens de l’étranger : Les oubliés de la République… », lexpress.mu, 6 avril 2014, https://www.lexpress.mu/idee/rodrigues-agalega-st-brandon-les-chagos-et-les-mauriciens-de-letranger-les-oublies-de-la (consulté le 5 mars 2020).
(v) Ibid.
(vi) Cf. Digest of Demographic Statistics 2018, Regular Reports, Publications, Statistics Mauritius, 2018, http://statsmauritius.govmu.org/English/StatsbySubj/Documents/Digest/Demography/Digest_Demo_Yr18.pdf (consulté le 10 mai 2020).
(vii) Avec annexion de quelques autres villages/localités.
(viii) Population 2018 : 4 442.
(ix) Population 2018 : 8 649 (Moka East).
(x) Population 2018 : 4 247.
(xi) Incluant Mon Choisy et Pereybère.
(xii) Cf. Digest of Demographic Statistics 2018, Regular Reports, Publications, Statistics Mauritius, 2018, p. 38, http://statsmauritius.govmu.org/English/StatsbySubj/Documents/Digest/Demography/Digest_Demo_Yr18.pdf (consulté le 10 mai 2020).
(xiii) Cf. Christian Bouchard, Shafick Osman & Christiane Rafidinarivo (2019) Southwest Indian Ocean Islands: identity, development and cooperation, Journal of the Indian Ocean Region, 15:1, 1-7, DOI: 10.1080/19480881.2019.1564133
(xiv) Ibid.
(xv) Cf. Shafick Osman, « Une chance pour Lepep de travailler sur la géopolitique de Maurice ? », Business Magazine, 10 au 16 mars 2015, https://www.businessmag.mu/article/une-chance-pour-lepep-de-travailler-sur-la-geopolitique-de-maurice (consulté le 10 mai 2020).
(xvi) Cf. Osman Shafick, « Entretien avec Arvin Boolell Le vaste chantier de l’« État-océan » a commencé », Outre-Terre, 2010/2 (n° 25-26), p. 429-431. DOI : 10.3917/oute.025.0429. URL : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2010-2-page-429.htm (consulté le 10 mai 2020).

Wednesday, 8 January 2020

'The next President of the Republic will most probably be a Hindu' (4 Nov. 2019)

'The next President of the Republic will most probably be a Hindu' 

 

Facebook, 4 November 2019

 

On 14 November 2019, I said on Facebook that "the next President of the Republic will most probably be a Hindu". I was referring, of course, to Mauritius. While most of the Mauritian Press, observers and commentators of the Mauritian political scene were arguing more for a Muslim to become the new President, I said that s/he will most probably be a Hindu and it will not be former National Assembly Speaker, Maya Hanoomanjee. 

 

On 2 December 2019, the Mauritius National Assembly voted for Prithvirajsing Roopun GCSK, also known as Pradeep Roopun, to become the 7th President of the Republic of Mauritius. I were among the very rare ones on Facebook, at least, to have said so.

 

Screenshot taken on 4 December 2019, Facebook.

 

Screenshot taken on 8 January 2020, Facebook.

 

 

 


Tuesday, 24 December 2019

MONOPOLE ? Une occasion unique pour démocratiser le sucre (par Mitesh K. Ramjoo)

Le Mauricien, 25 juillet 2008



MONOPOLE ? Une occasion unique pour démocratiser le sucre (par Mitesh K. Ramjoo)


Chaque année, l'industrie sucrière, à travers le Syndicat des Sucres, importe 3 000 tonnes de sucre roux et 38 000 tonnes de sucre blanc pour le marché local. Jusqu'ici, le sucre importé est subventionné à hauteur de Rs 250 millions par l'industrie sucrière (usiniers, grands et petits planteurs) pour pouvoir maintenir le prix actuel.

Une des conditions de l'accord entre l'Etat et l'industrie sucrière en décembre de l'année dernière pour la cession de 2 000 arpents de terre concernait l'augmentation du prix du sucre sur le marché local. Une décision qui vient d'être entérinée par le Conseil des ministres.

Puisque l'industrie sucrière va bientôt changer son habit de partenaire économique et social pour devenir un simple importateur/distributeur au même titre que tous les autres Mauriciens engagés dans l'import/export, on est en droit de se poser des questions :

  • Pourquoi laisser l'importation du sucre destiné au marché local entre les mains d'un monopole ?
  • N'y a-t-il pas là une opportunité pour une compétition saine entre tous les acteurs économiques susceptibles d'approvisionner notre marché ?
  • Pourquoi pas un appel d'offres ?
  • Pourquoi la STC n'importe pas elle-même le sucre ?

Notre Grand Argentier, défenseur du libre échange, se doit d'intervenir. Les membres de la Commission de démocratisation de l'économie et l'opposition ont également leur mot à dire.

Les médias, les porte-parole des sucriers ainsi que le gouvernement mettent beaucoup d'accent sur le fait que les planteurs ne peuvent plus subventionner les industriels. Ils ont raison mais ils omettent souvent de souligner que les usiniers planteurs seront les principaux bénéficiaires de cette décision car ces derniers vont économiser Rs 150 millions chaque année (l'équivalent de 300 arpents de terre agricole chaque année multiplié par 10 ans = 3 000 arpents de terre agricole, donc mille arpents de plus que les 2 000 arpents offerts à l'état sur une période de 10 ans, en prenant en considération que, d'après l'accord entre l'Etat et l'industrie sucrière, la cession de 2 000 arpents terres se fera par étapes sur une période de dix ans). Encore une fois, l'industrie sucrière sortira gagnante malgré les grands discours de nos politiques alors que c'est toute une population qui endossera le fardeau de cette augmentation. Notons, en passant, que la population sera doublement pénalisée car elle paiera non seulement son sucre plus cher mais également son soft-drink, son gâteau français et ses friandises.

Voilà pourquoi nous devons exprimer notre désaccord à toute augmentation du prix du sucre sur le marché local. Que la STC prenne ses responsabilités ou qu'on libéralise l'importation en laissant à d'autres importateurs la possibilité de jouer pleinement leur rôle dans une économie de marché.

Notre ministre des Finances ainsi que l'aspirant ministre des Finances ne nous diront sans doute pas le contraire.

Mitesh K. Ramjoo


ÉNERGIE - Je vends de l’électricité au CEB ! (par Azhagan Chenganna)

L'Express dimanche, 6 juillet 2008




ÉNERGIE - Je vends de l’électricité au CEB ! (par Azhagan Chenganna)


En milieu de semaine prochaine, le ministère des Services publics annoncera tout un arsenal de mesures dans le cadre du programme « Maurice, île durable ». Parmi les points forts de cette conférence de presse figurera en bonne place l’idée d’encourager les Mauriciens à devenir des Small Independent Power Producers (SIPP), à savoir, produire leur propre électricité à travers l’énergie éolienne domestique ou le solaire. Mieux : selon les arrangements, le surplus d’électricité produit chez soi pourra être revendu au Central Electricity Board (CEB) ! « On finalise en ce moment quelques détails techniques », indique-t-on dans les milieux officiels, et on assure que de nombreux Mauriciens se laisseront séduire par l’idée. Entre-temps, le chef ingénieur du CEB, Chavan Dabeedin, donne un aperçu des six étapes que les particuliersvont devoir franchir quand le projet sera au point. Avec à la clef, la possibilité pour les consommateurs de réduire le montant de leur facture d’électricité. À l’exemple de Sylvio Chiara, qui habite Petit-Raffray dans le Nord, et qui non seulement produit une partie de sa propre énergie mais qui, dans un avenir proche, pourra revendre de l’électricité au CEB. Voici les six étapes à suivre…


Sylvio Chiara, qui habite à Petit-Raffray,
produit sa propre électricité
grâce à des panneaux photovoltaÏques
(source : L'Express dimanche, 6 juillet 2008)


1. Contacter le CEB


D’ici début 2009, le CEB mettra à la disposition du public un grid-code. De quoi s’agit-il ? Le grid-code, c’est la bible des clients qui souhaitent produire et vendre de l’électricité. Il décrit les paramètres techniques (types de câbles, modèles de disjoncteurs, etc.), établit les check-lists et le prix auquel le CEB achètera de l’électricité auprès des producteurs individuels. À titre indicatif, les Independent Power Producers (IPP) disposent déjà d’un grid-code qui régit les termes des échanges entre eux et le CEB. Si les IPP produisent à grande échelle, un petit producteur d’électricité, aura lui, une capacité d’environ 10 kilowatts. « Un grid-code pour les Small Independent Power Producers est en cours d’élaboration. Un appel d’offres a été lancé dans ce sens, et une fois qu’un consultant sera recruté, il aura à statuer sur les tarifs et définir les aspects techniques », indique-t-on dans le milieu du CEB.

2. Acheter le matériel


Il faut savoir que, pour l’instant, investir dans une éolienne coûte moins cher qu’installer des panneaux photovoltaïques. D’autant que des unités d’assemblage des éoliennes seront en opération à Maurice (Voir ci-dessous). Un kilowatt d’énergie éolienne peut coûter Rs 80 000 alors que l’énergie photovoltaïque peut, elle, revenir à Rs 200 000 le kilowatt.

À titre d’exemple, une maison moderne consomme en moyenne 3,5 kilowatts d’électricité. Or, pour produire un kilowatt d’énergie solaire, il faut que 13 mètres carrés, soit l’équivalent de la surface d’une chambre, soient recouverts de panneaux photovoltaïques. Le petit producteur voudra, sans doute, opter pour l’installation éolienne, qui coûte moins. « Dans les deux cas, il y a un investissement de départ qui est important. Mais il faut savoir que d’année en année le prix des éoliennes et des panneaux photovoltaïques est en baisse. Et il faut compter 20 à 25 ans de durée de vie », note Chavan Dabeedin. Quid de l’esthétique ? « À la Réunion, ils ont mis au point des réglementations d’urbanisme et d’architecture pour ceux qui souhaitent construire de nouvelles maisons dotées de ces systèmes. C’est dans cette direction que Maurice pourrait aller », répond-il.

3. Verrouiller la sécurité


Une fois que l’éolienne est installée, les techniciens du CEB viendront s’assurer de la sécurité et de la qualité de l’électricité produite. Lorsque la sûreté de l’infrastructure est garantie, le client signera un contrat d’entente avec le CEB. « Il ne faudrait pas que le voisin soit affecté par cela. Par ailleurs, l’énergie produite par l’éolienne ne doit pas créer de fluctuation sur le réseau électrique. Nous voulons promouvoir un système souple et facile à mettre en place pour qu’une majorité des 330 000 clients du CEB puisse passer à l’éolien et au solaire », soutient le chef ingénieur de l’opérateur national.

4. Faire tourner les compteurs à deux voies


D’ores et déjà, les clients résidentiels réunionnais génèrent quotidiennement 5 mégawatts d’énergie éolienne et solaire sur le réseau d’EDF – soit l’équivalent de ce que consomme Rodrigues en moyenne.

À Maurice, le CEB introduira un compteur à deux voies car la clientèle utilisera à la fois l’électricité du CEB et sa propre énergie sur le réseau. « Si à la fin du mois, le meter reader trouve que le compteur du client est positif, ce dernier aura à payer le CEB. Mais si l’affichage est négatif, c’est le CEB qui paiera. Dès que l’électricité est générée, le compteur tournera à l’envers », souligne Chavan Dabeedin. Et d’ajouter qu’en « heure de pointe, le client sera autosuffisant et à d’autres heures, il pourrait revendre au CEB. Bref, il lui sera possible d’arrêter de payer son électricité, voire même d’être payé par le CEB ! ».

5. Fixer solidement en période cyclonique


Pour ce qui est des cyclones, il faut s’assurer que le système photovoltaïque est bien boulonné sur le toit. Dans le cas de l’éolienne, qui fait trois mètres de haut, le client doit vérifier qu’elle comporte un système de bascule et qu’elle peut être mise à plat,
tout en assurant la sécurité. « En période cyclonique, le réseau du CEB est off. Or, si le client est en train de produire, il y a le risque que notre technicien soit électrocuté. Tout cela a été pris en compte pour veiller à la sécurité », déclare Chavan Dabeedin.

6. Gagner sur tous les plans 


À la clef, le consommateur qui aura installé l’éolien ou le solaire pour produire son électricité sera en mesure de réduire sa facture voire d’en tirer des bénéfices. Idem s’il décide d’acheter une voiture hybride. Il chargera lui-même sa voiture à partir de l’électricité qu’il aurait fabriquée.

« Pour ce qui est du CEB, il est vrai que nous perdrons une partie de nos ventes. Mais c’est le pays tout entier qui réduira sa dépendance sur les énergies fossiles.

D’ici 2018, il faudrait que 65 % de notre production d’énergie soit renouvelable. Et avec le prix du pétrole en hausse, c’est logique que le CEB ne pourra pas garder le même tarif. Alors, le consommateur investira automatiquement dans l’éolienne », conclut Chavan Dabeedin.




Autant en emporte l’éolienne… 

 

Laurent Mamet
(source : L'Express dimanche, 6 juillet 2008)

 

Laurent Mamet (photo), directeur de la compagnie ECO, se lancera dans l’assemblage et la vente d’éoliennes. « D’ici deux mois, nous allons commencer à mettre sur le marché des éoliennes domestiques et industrielles », déclare-t-il. Pour développer l’expertise technique de son entreprise, il compte sur son partenaire sud-africain. « Nous avons un partenariat avec le groupe Kestrel et grâce à cela, nous pourrons assembler des éoliennes ici », note-t-il.

Quid de l’intérêt des Mauriciens ? À en croire Laurent Mamet, nos compatriotes seraient très intéressés. « Les études montrent que les gens sont très intéressés par cette technologie. Avant même de démarrer nos activités, nous avons déjà reçu des expressions d’intérêt et c’est un marché prometteur », confie-t-il. Laurent Mamet dispose d’une formation technique et se lancer dans l’assemblage d’éoliennes est pour lui une belle manière d’entreprendre. « Pouvoir faire du business en intégrant l’environnement c’est joindre l’utile à l’agréable. »



Abu Kasenally, ministre des Services publics :
« Nous posons les jalons de l’île Maurice de demain » 

 

Abu Kasenally, ministre des Services publics
(source : L'Express dimanche, 6 juillet 2008)


Le gouvernement pense que d’ici peu, les particuliers pourront fabriquer de l’électricité chez eux et la revendre au CEB. Quelles sont les modalités de ce projet et quelles en sont les limites ?

Les modalités de ce projet seront comme stipulées dans le budget. Cependant, on est encore à quelques mois du mode d’opération final. Nous étudions donc les possibilités pour que le système proposé respecte le réseau du CEB et les normes techniques et de sécurité.

Selon un rapport anglais, les Small IPP peuvent produire suffisamment d’électricité pour que la construction de cinq centrales nucléaires ne soit pas requise en Angleterre, et ce, rien qu’avec l’énergie solaire. Si nous appliquons le même raisonnement à Maurice, nous pourrions aller très loin dans le long terme. Dans les court et moyen termes, ce que nous faisons, c’est surtout poser les jalons pour l’île Maurice de demain.


Comment est-ce qu’un Mauricien peut devenir vendeur d’électricité ?

Il devra s’acheter des panneaux solaires ou des petites éoliennes et les installer chez lui. Quant aux investissements, tout sera une question d’envergure. Par exemple, pour les petites éoliennes, les fabricants estiment que lorsque la production de masse dé-marrera, cela coûtera en moyenne, pour 1 à1,5 kW installé, environ entre Rs 60 000 et Rs 75 000 le kW.


Et ce projet de fabrication d’électricité bénéficiera-t-il d’incitations fiscales ?

Les incitations fiscales ont été mentionnées dans le budget. Il faut donc s’attendre à ce que le gouvernement fasse tout son possible pour démarrer ce secteur. L’apport des bailleurs de fonds sera aussi important.


Dans quelle mesure la fabrication d’électricité chez soi sera-t-elle bénéfique ? Et quel impact cela aura-t-il sur la crise énergétique ?

La fabrication d’électricité chez soi sera bénéfique car elle nous permettra de diminuer notre dépendance sur les centrales. De plus, nous réduirons nos émissions de gaz à effet de serre.

En fait, c’est le début d’une ère ou le pétrole bon marché n’est plus disponible. L’énergie, on en a toujours. Il suffit de savoir où en trouver. L’important, c’est qu’on ait de l’électricité à un prix abordable et que cela permette le développement durable du pays.

Azhagan CHENGANNA


Monday, 23 December 2019

Zawiyah Baba (ex-directrice de la Bibliothèque nationale de Malaisie) : " La BN de Maurice a vraiment besoin de plus d'espace "

Le Mauricien, 26 juillet 2008




Zawiyah Baba (ex-directrice de la Bibliothique nationale de Malaisie) : " La BN de Maurice a vraiment besoin de plus d'espace "


À Maurice dans le cadre d'un séminaire qu'ils ont animé à l'intention de 160 bibliothécaires cette semaine, Zawiyah Baba, ancienne directrice de la Bibliothèque nationale (BN) de Malaisie, et Supyan Hussin, senior Research Fellow of the Institute of the Malay World and Civilization, ont eu l'occasion de visiter quelques bibliothèques de l'île. " There is need for acquisition of new technologies and training ", constate M. Hussin. S'agissant de la BN de Maurice, Mme Baba se montre catégorique : " Elle a vraiment besoin de plus d'espace pour abriter les collections. "

" It is in need of proper building to house its collection. But despite the constraints of space, they have managed to provide a good service ", estime Zawiyah Baba, qui est actuellement Principle Research Fellow à l'Institute of the Malay World and Civilization de la National University of Malaysia. Durant la semaine écoulée, les deux universitaires ont eu l'occasion de visiter le Mahatma Gandhi Institute (MGI), la Bibliothèque municipale de Quatre-Bornes, celle de Port-Louis et la Bibliothèque Carnegie de Curepipe. Les deux s'accordent à dire qu'une formation du personnel et l'acquisition de nouvelles technologies pour la préservation des documents sont nécessaires. " Les principaux concernés sont prêts à apprendre. Cela a pu se voir à travers la forte participation des bibliothécaires au séminaire qu'on a animé. Ils ont montré de l'enthousiasme ", note Mme Baba.

Lors de leur visite à la Bibliothèque Carnegie, les deux experts malaisiens ont pris connaissance d'" une collection rare : des documents manuscrits de Mahé de Labourdonnais et d'autres gouverneurs français ", affirme Houssain Rajah, directeur du Ibn Sina Academic Research Centre, qui a aidé à la venue à Maurice de M. Hussin et de Mme Baba. " Ces documents sont gardés dans un simple bookcase. Ce sont des documents qui ont beaucoup de valeur historique et qui vaudraient des millions en Europe. They are getting worn out specially with the humidity of Curepipe ", ajoute-t-il. Pour Zawiyah Baba, " they should be treated and deacidified so to make sure they don't deteriorate any further ". Elle dit avoir constaté que les bibliothèques qu'elle a visitées sont " toujours en train de se servir de catalogues ".

Préservation numérique


Le MGI a fait part aux deux visiteurs de la difficulté rencontrée à numériser leurs ouvrages en langues orientales. " Il existe un logiciel pour cela. L'Unesco dispose de Digital Library Software. L'institut peut contacter l'Unesco et avoir de la formation dans ce domaine gratuitement ", ont-ils répondu.

Supyan Hussin dit avoir travaillé dans un projet long de neuf ans en Malaisie sur la préservation numérique du patrimoine intellectuel de son pays. " We look especially for indigenous information, owned by the local people that have not been localised and also the work and knowledge of the local people. And then, we put them in digital format and in database for other people to have access to them ". Si auparavant, indique M. Hussin, les Malaisiens ne pouvaient avoir accès aux documents rares, aujourd'hui, c'est désormais possible par le biais d'un site internet, qui est gratuit. Supyan Hussin est d'avis qu'un projet similaire peut être réalisé ici. " Maurice doit commencer par voir ce que les autres pays ont fait pour se rattraper ".

Toutefois, il reconnaît qu'un des défis majeurs pour la modernisation des bibliothèques de Maurice est le coût que cela implique. La solution, pour lui, est de sensibiliser les policy makers " to make them understand the value of local knowledge " et ensuite voter un budget pour cela. " Une fois que la politique sera là, le projet durera et bénéficiera aux Mauriciens pour longtemps ". Il s'agit par ailleurs d'identifier des personnes compétentes dans le domaine qui pourraient " mener à bien le projet et le faire perdurer ".

Ce qui est coûteux dans le projet, ajoute Supyan Hussin, ce sont les équipements de préservation des documents. " Cela dépend de la quantité de documents que vous voulez préserver. Mais vous pouvez commencer par en préserver une petite quantité ". Les connaissances techniques et technologiques pour gérer le programme sont tout aussi importantes, d'où la nécessité de former les personnes concernées.

Interrogé quant à une aide technique de sa part dans la modernisation des bibliothèques à Maurice, M. Hussin estime que c'est tout à fait réalisable. " Nous pouvons former le personnel des bibliothèques. Et, si le gouvernement, les ministres mauriciens comprennent l'importance d'un tel projet, nous pouvons avoir un échange entre le gouvernement de Malaisie et celui de Maurice afin d'échanger nos expertises. It would be a win-win situation. We too, for our case-studying work, can learn how people are working in other countries ".

Buste de sir Kher Jagatsingh à Beau Bassin - Ramgoolam : " Nous sommes assis sur les épaules de géants "

Le Mauricien, 26 juillet 2008

 

Buste de sir Kher Jagatsingh à Beau Bassin - Ramgoolam : " Nous sommes assis sur les épaules de géants "


" Nous sommes assis sur les épaules de géants ", a lancé, cette semaine, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de la cérémonie organisée en vue du dévoilement d'un buste de Kher Jagatsingh à la Place des taxis en face du poste de police de Beau-Bassin.

Le Premier ministre a rendu hommage à cet autodidacte, né à Amritsar en Inde, qui est arrivé à Maurice à l'âge de 3 ans, qui devait devenir un des piliers du Parti travailliste, et celui qui a jeté les bases de l'éducation moderne voulue par sir Seewoosagur Ramgoolam.

Le Premier ministre a raconté comment Kher Jagatsingh était certain que le candidat travailliste Forget allait remporter les élections à Beau-Bassin contre Kœnig. Comme il était convaincu qu'il avait été élu, il devait délaisser sa circonscription dans l'après-midi pour aller soutenir Forget. Malheureusement, tant Jagatsingh que Forget devaient perdre les élections dans leurs circonscriptions respectives, preuve, a dit Navin Ramgoolam, qu'on n'abandonne jamais sa circonscription avant la fermeture des bureaux de vote.

James Burty David, connu dans les milieux politiques comme un fervent disciple de Kher Jagatsingh, décédé en juillet 1985, a présenté ce dernier comme un homme de conviction qui avait accordé un soutien sans faille au Parti travailliste. Il a aussi rappelé que SKJ lui avait accordé pendant tout le temps qu'il a été président de Parti travailliste un soutien inconditionnel. Pour M. David, " la mort est un défi de la vie parce qu'elle nous fait prendre conscience de notre condition et que nous sommes sur terre pour donner un sens à notre existence et à la vie des autres ". Il a rappelé comment certaines personnes, grâce à leurs actions, transforment la vie des autres et aident à construire une vie meilleure, a-t-il poursuivi.

Lady Jagatsingh a, pour sa part, rappelé les réalisations de sir Kher au point qu'à un moment, il était considéré comme le dauphin de SSR.

URBANISATION - HIGHLANDS PROJECT : rencontre des stakeholders

Vue sur la région de Highlands qui sera urbanisée
(source : Le Mauricien, 26 juillet 2008)

 

Le Mauricien, 26 juillet 2008



URBANISATION - HIGHLANDS PROJECT : rencontre des stakeholders


Dans le cadre de la mise en œuvre du Highlands Project, une réunion avec les stakeholders est prévue le 29 juillet prochain, de 9h à midi, au Swami Vivekananda International Convention Centre, Pailles. L'objectif fixé est de passer en revue les grandes facettes du projet, de susciter une prise de conscience et de répondre aux questions des partenaires.

Ce projet, qui a pour promoteur la State Land Development Company (SLDC), s'étend sur une superficie de 1 060 hectares et prévoit la construction d'une ville intégrée, avec zones de services et d'entreprises.

Compte tenu de la position géographique de Highlands, au centre du pays, ce projet pourrait répondre aux aspirations et aux besoins d'une ville globale, avec des infrastructures internationales de classe permettant aux entrepreneurs et aux investisseurs de mener des affaires à Maurice. Le projet comprend les volets suivants : industrie de la connaissance ; espaces bureaux ; zones résidentielles ; bureaux pour services gouvernementaux ; institutions éducatives ; services médicaux ; facilités de loisirs et attractions touristiques. Des facilités infrastructurelles seront proposées à ceux qui habitent ou travaillent à Highlands. En outre, des complexes de logement, des espaces verts, des jardins et des shopping malls sont prévus.

" Highlands Project will integrate the knowledge based service industries along with the finest educational and vocational institutions to support the future demands from the growth sectors ", souligne la brochure de présentation de ce projet. La ville de Highlands, une fois achevée, a pour ambition de devenir une icône régionale et un development hub, favorisant une liaison avec l'Asie, l'Afrique et l'Europe.

La SLDC réalisera ce projet conjointement avec le secteur privé et a retenu les services de Risk and Infrastructure Solutions Ltd, une compagnie subsidiaire de CRISIL, en tant que transaction adviser pour s'occuper du processus de procurement.

Rappelons que le projet Highlands est évoqué dans le Budget 2008-2009. " Pour bâtir une Ile Maurice moderne et attirante, nous avons besoin de world class cities ", disait alors le ministre des Finances, Rama Sithanen. A cet effet, il avait dit que la construction de la ville de Highlands nécessitera des investissements de Rs 100 milliards. Un conseiller financier, faisait ressortir M. Sithanen, travaillait déjà à la validation de l'étude de faisabilité initiale de ce projet et à la préparation des appels d'offres portant sur la sélection d'un master developer. " Les composantes de ce projet sont : un complexe de state of art office, des résidences et des bureaux de world class, de développements sociaux, un inland waterfront, des espaces pour des activités de loisirs, le tourisme vert, des hôtels, des bâtiments gouvernementaux… ", ajoutait M. Sithanen.

National Security Committee - Port et aéroport : des mesures de contrôle strictes adoptées

Le Mauricien, 26 juillet 2008




National Security Committee - Port et aéroport : des mesures de contrôle strictes adoptées



Une vue du port et des portiques (source : Le Mauricien, 26 juillet 2008)



Le National Security Committee pour le port et l'aéroport sous la présidence du secrétaire aux Affaires intérieures, Raj Maudhoo, a formulé de nouvelles recommandations en vue de renforcer le contrôle et la surveillance à ces deux points stratégiques. Hier matin, le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, et D. Suntah au nom du directeur général de la Mauritius Ports Authority (MPA), ont ainsi procédé à la signature d'un Memorandum of Understanding (MoU) portant sur la gestion des caméras de surveillance (CCTV) installées et couvrant l'intégralité de l'enceinte du port. Pour ce qui est de l'aéroport, les autorités ont mis en place un système de coopération étroite entre les membres de la Mauritius Revenue Authority (Customs) et ceux du Passport and Immigration Office.

Le MoU entre la police et la MPA est venu apporter un nouvel encadrement de coopération avec la mise en opération depuis ce mois-ci de tout un réseau de caméras de surveillance dans le port. Ainsi, le rôle et les responsabilités de la police et de la MPA ont été définis et répartis, avec tout le volet du monitoring des caméras de CCTV confié à la police et à la National Coast Guard (NCG).

Par ailleurs, les autorités ambitionnent d'instituer une Security Unit dans le port. Ce projet avait été évoqué récemment à l'Assemblée nationale par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a soutenu que " in future, a Security Unit will be set up by the Mauritius Port Authority and which will be called upon to assist the police in controlling the movement of people and vehicles inside the Port security limits. This Security Unit will be undertaking regular patrols to detect and deter unlawful acts with the assistance of the police ".

Toujours dans le cadre de ce rehaussement du niveau de surveillance et de sécurité dans la région du port, le National Maritime and Harbour Security Committee préconise que " all units namely regular police, National Coast Guard, CID, Anti-Drug and Smuggling Unit, Customs and other Marine agencies work in close collaboration with one another ". Les cinq entrance/exit gates donnant accès aux infrastructures dans le port sont gérées et contrôlées conjointement par des officiers de police et de la douane 24 heures sur 24.

"La situation à Rodrigues a également été passée en revue [...] à ce titre, un X-Ray Scanner pour un meilleur contrôle des bagages et autres colis sera installé à l'aéroport de Plaine-Corail en attendant la mise en place d'autres mesures"

Au niveau de l'aéroport, " MRA Customs has been connected to the Passport and Immigration Office Database " en vue d'assurer un monitoring plus systématique des mouvements et présences suspects. Le National Civil Aviation Security Committee s'appuie également sur un " CCTV Surveillance System that has been installed to provide an efficient and reliable management tools to monitor operations ".

La situation à Rodrigues a également été passée en revue lors de ces instances, dont la principale mission est d'assurer la sécurité. A ce titre, un X-Ray Scanner pour un meilleur contrôle des bagages et autres colis sera installé à l'aéroport de Plaine-Corail en attendant la mise en place d'autres mesures.

La NCG, qui devra être dotée en avril 2009 d'un patrouilleur rapide, don des États-Unis, sera appelée à assurer une présence plus pondérante dans les eaux territoriales. Le gouvernement met actuellement la dernière main au dossier pour l'acquisition d'un offshore patrol vessel avec le financement du gouvernement indien.

L'une des missions de la NCG, selon les recommandations du National Maritime and Harbour Security Committee, est d'effectuer des " searches on vessels upon reasonable suspicion and also performs stop and search whilst performing lagoon, coastal and offshore patrol ".

Préservation numérique - Supyan Hussin : " Accès plus facile et ouverture sur le monde "

Le Mauricien, 30 juillet 2008




Préservation numérique - Supyan Hussin : " Accès plus facile et ouverture sur le monde "


Le Senior Research Fellow de l'Institute of the Malay World and Civilization (ATMA), Supyan Hussin, a présenté un exposé la semaine dernière intitulé Digital preservation of heritage of the Malay World and Civilization. Selon M. Supyan, outre d'assurer la préservation du patrimoine documentaire, l'intérêt de la numérisation est aussi de rendre son accès plus systématique et facile à travers le monde.

Le Pr Supyan Hussin s'adressait à une large assistance de bibliothécaires dans le cadre d'un séminaire organisé par la Bibliothèque Nationale en collaboration avec le Ibn Sina Academic Research Centre. M. Hussin devait souligner que les collections numériques et les bibliothèques numériques sont deux choses différentes. Les collections numériques sont des contenus bruts alors qu'une bibliothèque numérique vient rendre vivants ces contenus en les rendant entièrement accessibles, utilisables pour compléter un travail de recherche et en les mettant à la disposition de plusieurs communautés.

L'ATMA, de la National University of Malaysia, gère une collection importante de documents de recherche. Ayant constaté une demande croissante pour des recherches en ligne sur le monde malais, l'ATMA a développé treize bases de données sur le patrimoine local de la Malaisie. Ces bases de données sont aujourd'hui disponibles sur le site www.malaycivilization.com et sont considérées comme constituant une base importante pour le développement d'une bibliothèque numérique.

Selon le Pr Hussin, avec l'avènement des nouvelles technologies informatiques, les modes de recherches ont évolué. Des visites physiques dans des bibliothèques spécifiques, l'on fait aujourd'hui des visites virtuelles sur des sites web. Et, contrairement à ce qui se pratiquait dans le passé, les chercheurs, aujourd'hui, ne sont plus contraints à se déplacer aussi souvent pour faire des recherches. L'accès aux documents est plus rapide et facile, aidant la personne à économiser du temps et le coût du transport. Toutefois, fait ressortir le Pr Hussin, l'aspect le plus important de ce type de documentation est qu'il met à la disposition du public les informations et les documents les plus récents. " Researchers can communicate with other researchers and exchange data and documents using e-mail or file transfer protocol facilities via the Internet ".

Il n'y a jamais eu une base de données concernant l'étude du monde malais. C'est ainsi qu'ATMA a décidé de combler ce manque, selon M. Hussin. " It aims to fulfill the needs of students, scholars and researches, the experienced and the novices, interested in the Malay world ".

Dictionnaire de proverbes


L'une des bases de données développées par l'ATMA sur le monde est le Digital Malay Proverbs Dictionary, une première dans le monde malais, selon le Pr Hussin. L'ATMA a pu recueillir environ 20 000 proverbes de 50 ouvrages sur des proverbes malais. " Traditionnellement, la difficulté surgit quand les lecteurs ne savent pas quel est le proverbe le plus approprié à être utilisé dans un contexte précis. Ils doivent alors parcourir chaque page d'un livre de proverbes et cela peut être frustrant. D'autres veulent savoir s'il existe d'autres proverbes ayant un même sens et ils doivent là encore passer du temps à lire le livre en entier, ce qui rend la recherche difficile ".

Le dictionnaire numérique développé par l'ATMA comprenait 19 790 à la fin de 2001. Il tient compte des besoins des chercheurs en leur donnant la possibilité de taper un mot-clé en malais ou de choisir une catégorie de proverbes. Le système localise alors les proverbes les plus appropriés par rapport à la recherche. L'utilisateur du site peut aussi chercher des proverbes en tapant une phrase ou un thème dans la boîte de recherche ou alors consulter le dictionnaire en ordre alphabétique.

Les proverbes sont classés en plusieurs catégories : ceux formant une phrase, ceux en deux-mots, ceux comprenant des expressions folkloriques, ceux dressant des observations sur la vie quotidienne et ceux avec des phrases métaphoriques. Ces proverbes, selon le Pr Hussin, font partie des traditions orales de la littérature malaisienne. " These proverbs carry historical meanings. They connote the socio psychological make-up of the Malay people and depict the social and economic activities of the Malay community ".

Baba malay


Une autre base de données numérique a été créée sur le chinese baba poetry, poèmes écrits en baba malay avec beaucoup de mots empruntés de la langue chinoise. De tels poèmes, selon M. Hussin, représentent un " chapitre unique dans l'histoire de la littérature malaisienne moderne, comportant des valeurs culturelles, intellectuelles, littéraires et sociales à travers la description de la vie et des modes de pensées de la Chinese Baba Community et leurs relations avec les Malaisiens ". Pourtant, indique-t-il, le développement de ce genre littéraire a été ignoré jusqu'à aujourd'hui, si ce n'est, au mieux, traité comme littérature marginale dans la société malaisienne.  

" Such literature was considered lacking in literary prestige in comparison with its counterparts written in Malay by Malay authors ". L'une des raisons les plus évidentes pour le Pr Hussin est que " it was never easy to gain access to these materials, scattered all over the world, the British Library in London being the largest repository. That has prompted us not only to document, but also to bring them together from various individual and institutional collections ". La disponibilité de ces documents en ligne peut désormais être un outil pratique pour des recherches sur ce sujet. Une démarche que l'on pourrait adopter et adapter pour le développement de la langue créole à Maurice.

Sunday, 22 December 2019

Mohamad Vayid : le leadership, qualité majeure dans la gestion d'entreprise

Le Mauricien, février 2008 (date exacte inconnue)



Mohamad Vayid : le leadership, qualité majeure dans la gestion d'entreprise


L'Association of Training Professionals (ATP), en collaboration avec le Regional Training Centre, a tenu à Réduit hier un séminaire sur les leadership skills dans la gestion d'entreprise et le développement de carrière.

Intervenant sur ce sujet, Mohamad Vayid, président du National Economic and Social Council et Managing Director de Strategic Management Consultants Ltd, s'est exprimé sur les caractéristiques et qualités que doit posséder un bon leader. Un bon leadership, dit-il, est une des " priorités majeures dans les différents secteurs d'activités " à Maurice.

Le séminaire d'hier au Regional Training Centre de Réduit est le premier d'une série organisée par l'ATP pour le développement des compétences dans les entreprises. Parmi les participants, on relevait des représentants d'Air Mauritius et de la JR School, entre autres, pour écouter les conseils de M. Vayid. Selon ce dernier, avoir de bonnes qualités de leadership pour une bonne gouvernance est une notion qui devrait être adoptée par toutes les institutions, du privé comme du public.

Mohamad Vayid a élaboré sur le rôle d'un bon leader. Celui-ci, dit-il, se doit de définir ses objectifs afin de les exposer à ses employés pour que ces derniers aient une vision claire du but à atteindre. " Il doit savoir exprimer clairement ses ambitions et ses projets à son équipe ". Pour M. Vayid, un bon leader doit savoir gérer son audience, innover, assurer une bonne coordination et agir comme guide pour ses employés. " Si son équipe lui fait aveuglément confiance, le leader est certain qu'il accomplira ses objectifs. Créer un climat de confiance au sein de la société et motiver les troupes produit toujours de meilleurs résultats ".

Le travail de prise de conscience est primordial, et il est tout aussi important de connaître ses propres valeurs, ses limites et ses capacités. " Le meneur doit avant tout se connaître lui-même en tant qu'individu, en tant que citoyen de son pays et en tant qu'employé de la société où il travaille ". Assumer ses responsabilités et répondre à l'appel en situation de crise sont des principes de leadership à suivre, selon M. Vayid. " Les leaders doivent aussi être de bons encadreurs et formateurs, pour préparer de futurs leaders ". La transmission de la connaissance, de l'expérience et du savoir-faire assure la bonne gouvernance au sein de l'entreprise.

Autre point abordé durant le séminaire : " Il faut respecter un code moral, une éthique. Un leader se doit d'observer les principes fondamentaux de la moralité afin d'être respecté dans son travail. " L'empathie est également un atout pour un bon meneur. " Être à l'écoute et se montrer compréhensif est fortement appréciable ". Mohamad Vayid estime qu'un leader doit néanmoins " avoir le courage de prendre des décisions difficiles, même si cela le rend impopulaire ". " Il ne faut pas succomber à la tentation de vouloir devenir populaire et chercher à plaire à tout le monde. À la longue, les employés vont reconnaître que vous avez été juste et ferme ". Pour l'intervenant, savoir se détacher est nécessaire, tout en conservant des relations cordiales et diplomatiques avec les employés. Il affirme que " l'important est de savoir se faire respecter et ne pas avoir à aucun moment à hausser le ton pour se faire entendre ". La personnalité, le charisme et la diplomatie assurent le respect.

Manuels scolaires locaux : Rs 50 millions de chiffres d'affaires annuel

Le Mauricien, février 2008 (date exacte inconnue)



Manuels scolaires locaux : Rs 50 millions de chiffres d'affaires annuel


La récente polémique autour de deux manuels de français pour les Form IV et V portant la signature de deux auteurs mauriciens révèle une industrie des manuels locaux en pleine expansion. Les leaders dans la vente du livre indiquent que les auteurs mauriciens occupent 30 à 40% de parts du marché. La vente de livres d'auteurs mauriciens rapporte annuellement quelque Rs 50 millions.

Au niveau du secondaire, les enseignants d'anglais et de français favorisent aujourd'hui les concepteurs mauriciens de manuels scolaires. " Les auteurs mauriciens prennent en considération l'environnement social, culturel et économique dans lequel évoluent les élèves et leurs textes sont beaucoup plus intéressants et faciles à exploiter qu'un texte axé sur une tempête de neige ou sur un voyage en train ", note une enseignante du collège Eden, cela pour expliquer pour l'intérêt que suscitent ces manuels contextualisés.

Selon le répertoire de la Bibliothèque nationale, 27 manuels pour l'anglais et 23 titres pour le français ont été publiés durant la période 2002-2007, à l'intention des élèves du secondaire. Des enseignants mauriciens ont aussi produit des manuels pour les langues orientales et, graduellement, pour quelques matières autres que les langues, telles les mathématiques, l'économie et la chimie.

Marché porteur


Le marché des manuels locaux se développe à une grande vitesse et le business est florissant. Ce ne sont pas les responsables des deux principales maisons d'édition qui diront le contraire. " C'est vrai que cela rapporte mais nous avons aussi des coûts. C'est un marché très porteur ", reconnaît Devanand Dewkurun, General Manager des Editions de l'Ocean Indien (EOI), où l'on est favorable à une promotion accrue de la production locale et de la créativité mauricienne dans ce domaine. " C'est dans l'intérêt de l'apprenant et de l'éducation en général ", soutiennent les responsables.

Les EOI (compagnie appartenant à l'Etat) et les Editions Le Printemps (du privé) sont les deux seuls concurrents dans le domaine de l'édition de manuels scolaires à Maurice et ces deux opérateurs sont aussi les deux principaux distributeurs de manuels scolaires locaux et importés dans le pays. Les deux concurrents affirment, chacun de son côté, détenir la plus grosse part de marché. " Plus de 50% du marché ", se contentent-ils de répondre sans vouloir donner de chiffres plus précis. " Il y a une compétition très ouverte mais nous avons des assises. Nous pouvons dire que nous sommes les meilleurs en termes de prix et de qualité ", clame le General Manager de EOI. Aux ELP également, on met l'accent sur le rapport qualité-prix.

" Bon filon "


Mais quelle est l'importance des ouvrages mauriciens sur ce marché des manuels ? " Dans l'ensemble la vente des manuels est déjà un big business et les auteurs locaux occupent 30 à 40% de ce marché. Le chiffre d'affaires de cette production locale s'élève à environ Rs 50 M ", révèle un professionnel dans le secteur de la publication et de la distribution.

Si l'apport des manuels locaux aide à une meilleure compréhension du programme d'études, le marché hélas donne lieu à quelques abus, faute d'un mécanisme de contrôle de la part de l'Etat " Certains ont découvert là un bon filon pour se faire de l'argent et balancent n'importe quoi aux étudiants mauriciens ", reconnaît l'auteur d'un manuel d'anglais. Il y a le cas de ces personnes qui, sans états d'âme, proposent des collections de past exams papers de SC et de HSC, sur la couverture desquelles elle ajoutent leurs noms, les récupérant à leur compte. Et ces booklets de question papers sont mis en vente dans les librairies à travers l'île à pas moins de Rs 200 ! Irrité par l'ampleur de cette pratique illégale à Maurice, Cambridge International Examinations avait dépêché chez nous il y a quelques mois une délégation pour rappeler à l'ordre les librairies à ce sujet.

Ils sont nombreux les enseignants à fustiger le ministère de l'Education pour l'absence d'un contrôle sur la qualité des manuels locaux. À l'exception des livres qui sont recommandés officiellement le ministère ne connaît pas l'existence de cette centaine de manuels locaux qui sont en vente soit en librairie ou qui sont commercialisés par l'intermédiaire des enseignants à l'école. En effet, le ministère de l'Education n'a aucun répertoire contenant les titres des manuels d'auteurs mauriciens publiés ces vingt dernières années. Il est bon de savoir que les panels de sélection des manuels pour toutes les matières au secondaire siègent chaque deux ans et se basent sur les propositions faites par les maisons d'édition pour faire leur recommandations. " Le ministère de l'Education nous informe officiellement que le panel de sélection va siéger et nous demande de lui communiquer nos propositions pour chacune des matières. Nous ne privilégions pas tel ou tel auteur, nous communiquons tous les titres que nous publions " affirme le Marketing Manager des EOI. " Les éditeurs ne font par partie du panel ", souligne-t-il.

Des enseignants et des parents dénoncent aussi la pratique des rééditions fréquentes des manuels locaux, ce qui oblige l'élève à acheter un nouvel exemplaire, alors que leurs auteurs, constatent-ils souvent, n'apportent que des " modifications mineures " à leurs ouvrages. " C'est un véritable abus de la part des auteurs dont les manuels sont très prisés. Ils ont trouvé là une astuce pour se faire de l'argent. Les éditeurs ne doivent pas être complices de cette pratique ", tonnent certains parents.

Regulatory Body


Des enseignants aussi bien que quelques auteurs sont favorables à la création d'une structure sous la responsabilité de l'Education nationale pour assurer un contrôle de la qualité des manuels produits localement. " Aucun nouveau livre ne devrait aller sur le marché sans ce Regulatory Body. Une manière aussi de mettre un frein à tout ce scandale qui prévaut au niveau du CPE. Ce comité devrait aussi analyser également les ouvrages réédités pour voir si on ne bluff pas les parents ", est d'avis une enseignante du secondaire.

Les deux maisons d'éditions affirment pour leur part que les ouvrages publiés par elles passent par des procédures très rigoureuses dans le but justement de veiller à la qualité et au respect des normes internationales. Leurs responsables donnent la garantie que tout manuscrit proposé passe d'abord par un comité de lecture qui est composé de professionnels du livre mais aussi d'experts du sujet de l'ouvrage. La décision de publier ou non le manuscrit dépend des conclusions de ces professionnels.



Des commissions en jeu…



Des manuels rédigés par des auteurs mauriciens sont régulièrement utilisés pour les leçons particulières. Les auteurs de ces manuels accordent, selon les instituteurs, des commissions variant entre Rs 25 et Rs 75 par matière. Un parent d'élève débourse, apprenons-nous, une somme allant de Rs 600 à Rs 1 300 par an pour l'achat de ces manuels.

Pour les leçons particulières, le ministère de l'Éducation, reconnaissent les instituteurs, ne prescrit aucun manuel pour l'enseignement de l'anglais, du français, des mathématiques, des sciences et de l'histoire/géographie aux élèves des standards IV, V et VI. " Ce sont bien les instituteurs qui choisissent les manuels préparés par des auteurs mauriciens ", déclare Sameer Maudarbocus, instituteur affecté à l'école Maharishi Dayanand Saraswati de Bois-Chéri. Il affirme avoir déjà travaillé avec les manuels publiés par Callychurn et DV Chetty mais a, cette fois, opté pour ceux rédigés par Boolauck. " Les manuels de Boolauck sont plus aérés. Ils sont up to date, avec moins d'erreurs. L'impression est sans reproche. " De son point de vue, les versions révisées des autres manuels sont " mem zafer. " Selon lui, les élèves qui prennent des leçons, une vingtaine, dit-il, déboursent quelque Rs 700 annuellement pour l'achat des manuels. " Nous percevons des commissions sur la vente des manuels. Mais il ne faut pas penser qu'elles vont dans ma poche. Je les utilise pour soutenir ceux qui éprouvent des difficultés financières pour payer les manuels. "

" Nous étudions d'abord le contenu ", enchaîne un instituteur responsable d'une section de Standard VI dans une école primaire de Quatre-Bornes. " Nous regardons aussi si les manuels contiennent suffisamment d'espace pour que l'élève puisse compléter son travail. " L'instituteur, dit-il, s'assure que les manuels soient réactualisés en fonction du cursus scolaire. " L'auteur remet une copie des manuels aux instituteurs pour voir si les élèves ont le niveau nécessaire. Après quoi, nous passons notre commande. " Les auteurs préparent les manuels, ajoute-t-il, pour différents niveaux. " C'est normal ! Les élèves de toutes les écoles n'ont pas les mêmes capacités. "

Cet instituteur indique que ses élèves sont d'un bon niveau et qu'il leur " recommande les manuels de Nirsimooloo. " Dans sa classe, dit-il, il y a 40 élèves pour les leçons particulières. Annuellement, ajoute-t-il, une moyenne de cinq manuels - sans compter les test papers - est utilisée. Selon lui, les parents devront trouver environ Rs 1 300 pour l'achat de ces manuels. " Il y a des instituteurs qui exigent le paiement dès que les manuels sont remis aux élèves. D'autres accordent jusqu'à un trimestre pour récupérer cet argent. " Il souligne que les auteurs offrent une commission aux instituteurs pour la vente des manuels. Elle varie, dit-il, entre Rs 25 et Rs 75 par manuel. " Je ne prends pas les commissions ; je préfère vendre les livres aux élèves à un prix raisonnable. "

" Nous prenons des manuels d'après les aptitudes de l'élève ", souligne un autre instituteur affecté dans une des quatre écoles primaires de Goodlands. Il affirme qu'il y a des manuels qui sont très avancés pour ses élèves. " Il y a des années où nous avons des élèves qui ont un niveau excellent. " L'achat des manuels additionnels, dit-il, coûte beaucoup aux parents qui sont économiquement faibles. " Chez nous un parent débourse en moyenne Rs 600. Certains d'entre eux ne parviennent pas à me payer. Mo perdi dan pos. " Il fait ressortir que dans sa classe de 40 élèves, seulement 20 prennent les leçons particulières. Dix de ceux qui sont avec lui ont un autre instituteur. " Ces élèves achètent d'autres manuels et leurs parents devront trouver de l'argent additionnel. " Les parents ne sont pas satisfaits si pour les leçons on utilise les mêmes manuels, dit-il.

Business lucratif


B.S, instituteur dans un établissement de l'Est, dit participer à la rédaction des manuels pour les upper classes du primaire. " Nous saisissons les programmes scolaires prescrits par le ministère de l'Éducation pour préparer nos manuels. Ensuite, nous envoyons un modèle dans les écoles pour obtenir le feedback avant d'aller sous presse. Nous n'hésitons pas à apporter des améliorations. " Il indique que quelque 1 500 manuels sont imprimés en novembre/décembre pour être disponibles à la rentrée scolaire. Dans son école, les élèves déboursent en moyenne Rs 600 pour l'achat des manuels supplémentaires.

Un instituteur d'une école primaire de l'Ouest dit préférer pour ses élèves les manuels de DV Chetty. " C'est vrai que j'obtiens une commission de 20 % sur la vente des manuels. C'est vrai aussi que je les accorde aux élèves qui n'ont pas les moyens de payer pour les livres. " Il ajoute que certains élèves ne parviennent pas à régler le montant de Rs 600 annuellement et que " je dois tirer de ma poche de l'argent à remettre à l'auteur des manuels. " Tous ces propos sont partagés par d'autres instituteurs. " C'est devenu un phénomène habituel. Quand on commence à donner les leçons, des parents viennent volontairement vers nous pour demander s'il y a des livres additionnels à acheter. " Selon eux, la conception de manuels pour le primaire prendra encore de l'ampleur dans les années à venir. Des instituteurs qui ont travaillé dans des Star Schools, affirment-ils, et qui ont formé de bons éléments pour le collège Royal ou le Queen Elizabeth College (QEC), ont l'intention de se lancer dans la production de manuels scolaires pour le primaire. " La publication des manuels deviendra un business lucratif à l'avenir. Il y aura une rude concurrence ", estiment-ils.




TÉMOIGNAGE - Meeta Chundunsing :
" Les élèves et les profs sont les premiers juges "




Nombreux sont les pédagogues mauriciens, en service ou à la retraite, qui ont leur nom sur un ou plusieurs manuels scolaires. Certains ont obtenu la notoriété grâce une demande régulière de leur ouvrage, tandis que d'autres demeurent toujours dans l'ombre. Mais comment devient-on auteur de manuel ? Meeta Chundunsing, enseignante au collège New Devton, relate son expérience.

Enseignante de français, Meeta Chundunsing éprouvait, il y a une quinzaine d'années, dans l'établissement de la capitale où elle travaillait alors, de sérieuses difficultés à répondre aux besoins spécifiques de ses élèves de Form V, cela en raison d'un manque de variété en matière de manuels. Elle jugeait que ceux qu'elle trouvait n'étaient pas adaptés à certains niveaux de compétence des apprenants.

Souhaitant trouver le matériel le plus adapté à ses élèves, Meeta Chundunsing rend au MIE, espérant être orienté vers un manuel correspondant à ses besoins. " Là-bas on m'a répondu "Nous n'avons rien à vous offrir en plus que ce existe déjà sur le marché". Mon matériel, il allait falloir que je le crée ". C'est ainsi qu'elle commença à imaginer son propre matériel pédagogique, dans le but de permettre à ses élèves de mieux aborder le programme de français. Au fil des mois, sa collection personnelle, comprenant des exercices de compréhension, de traduction et de rédaction, proposés en classe, s'épaissit. L'enseignante constate que ses efforts donnent des résultats encourageants et, par prudence, elle décide de le faire tester par d'autres enseignants travaillant dans des collèges d'Etat et privés. Il était surtout important pour elle de savoir si ses propositions correspondaient bien aux objectifs du programme d'études. Son travail est apprécié par plusieurs collègues et cela lui donne alors l'envie d'aller plus loin dans sa démarche. Elle prend le pari de produire un manuel à l'intention des élèves de la Form V et se consacre à la réalisation de son projet pendant deux ans.

" Un travail de longue haleine. J'avais déjà beaucoup puisé dans les économies de la famille pendant la préparation du manuscrit et je n'avais pas le droit de les priver davantage. L'étape la plus difficile était de trouver un imprimeur à moins cher ", raconte l'enseignante. Contre toute attente, West Print accepta de publier son manuscrit et ne lui réclama rien avant la vente des premiers exemplaires de l'ouvrage. Mme Chundunsing a les larmes aux yeux lorsque l'imprimeur lui remet le premier exemplaire de Réussir en Français (Niveau 5). " J'avais 1 000 copies sur les bras et j'ai donné environ 300 en cadeau au début, pour faire le marketing du livre ", raconte l'auteure.

Après Réussir en Français (Niveau 5) paru en 1997 et réédité à trois reprises, Meeta Chundunsing propose depuis l'année dernière Réussir en Français (Niveau 4) et, à la fin du mois, elle présentera son dernier titre : Réussir en Verbe.

Même si son premier manuel est utilisé depuis plusieurs années dans un bon nombre de collèges privés et d'Etat, ce n'est que maintenant que le ministère de l'Education en reconnaît l'existence en le proposant sur la liste officielle des recommended textbooks pour 2008. " I am pleasantly surprised ", dit l'auteur, tout en ne manquant pas de souligner que " ce sont les élèves et les profs qui sont les premiers juges " de son travail.

Meeta Chundunsing admet que le marché des manuels scolaires donne lieu aujourd'hui à une compétion parmi les auteurs locaux. " C'est vrai que c'est un bon filon pour certains. Un auteur ne peut pas dire que son livre est meilleur qu'un autre parce qu'il est le plus vendu sur le marché. C'est l'indécence à son apogée s'il le dit ".

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