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Sunday, 9 January 2022

Shafick Osman : "Un réel plaisir d'être publié dans le même volume qu'un Prix Nobel !"

 

La couverture du livre.

 "Géopolitique de Maudrigosa : des possibilités politiques bien réelles" est le titre de la contribution de Shafick Osman dans le beau livre de Carl de Souza, Maudrigosa, paru en novembre 2021, à l'île Maurice. Fort de 260 pages, Maudrigosa, est un "manifeste" non seulement de Carl de Souza, auteur, ancien sportif et pédagogue, mais aussi de l'écrivaine d'Ananda Devi et de la journaliste et écrivaine Shenaz Patel, accompagnés de la journaliste Dominique Bellier et de l'universitaire Kumari Issur. Un "manifeste poétique" autour des territoires de la République de Maurice essentiellement : l'Île Maurice, Rodrigues, les Chagos, Agaléga, St Brandon et Tromelin.

 

Première page du texte de Shafick Osman.

Plus de 60 collaboratrices et de collaborateurs ont répondu à l'appel de Carl de Souza dont le Prix Nobel de littérature Jean-Marie G. Leclézio, Ananda Devi qui a reçu le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature française de l'Académie française pour l'ensemble de ses oeuvres, l'écrivaine de renom Marie-Thérèse Humbert, le critique littéraire Issa Asgarally, l'ex secrétaire général de la Commission de l'océan Indien Jean-Claude de l'Estrac, etc.

Quelques collaboratrices et collaborateurs de Carl de Souza.

"Géopolitique de Maudrigosa" parle de la question de souveraineté de Tromelin, des subtilités administratives et légales de l'archipel Cargados Carajos, de la représentation politique de Rodrigues, d'Agaléga et des Chagos, ainsi que du manque de vue d'ensemble de la République de Maurice... Pour Shafick Osman, docteur en géopolitique et spécialiste des îles de l'océan Indien, "c'est un réel plaisir d'être publié aux côtés des plus grands noms contemporains du pays dont le Prix Nobel Jean-Marie Leclézio".

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Pour comander le livre : carlodes94@gmail.com.


Friday, 13 November 2020

MBC TV : notre participation dans l'émission "Focus" sur les îles de la République de Maurice

 

(c) Mauritius Broadcasting Corporation, 2020

Nous étions invités à participer à l'émission Focus qui avait pour thème, Les îles de la République de Maurice, sur la télévision nationale mauricienne (MBC TV), le mardi 10 novembre 2020.

Du Canada, nous avons répondu aux questions du journaliste Ishwa Gunnoo via WhatsApp. Nos réponses retenues concernent principalement Rodrigues, les Chagos, Tromelin et les enjeux géopolitiques de l'État-océan mauricien de quelque 2,4 M km2 qui place le "territoire marin" de la République de Maurice parmi les plus grands au monde.

Nous avons proposé qu'une liste de jours fériés propre à Rodrigues soit établi, que l'État mauricien prenne des actions vis-à-vis de la France sur la question de Tromelin et que Maurice garde "la tête froide" en jouant les différentes cartes tant avec les puissances étrangères présentes dans la région (Inde, États-Unis, France, Chine etc.) qu'avec d'autres puissances (la Russie, par exemple) et des puissances émergentes telle la Turquie.

Nous remercions la MBC qui nous a bienveillamment fait parvenir le fichier MP4 de l'émission et que nous avons repris et posté sur YouTube avec nos interventions.

Vijay Ram de Londres est également intervenu dans l'émission où il y a eu une interview du chef-commissaire de Rodrigues, Serge Clair, ainsi que celle du président du Groupe Réfugiés Chagos, Olivier Bancoult.

Le journal télévisé en hindoustani, Samachar, de la MBC TV, avait annoncé le programme le mardi 10 novembre dernier :


Nos interventions dans Foccus, "Les îles de la République de Maurice", se situent comme suit :
  • 01'08 - 02'07 (territoires de la République de Maurice)

  • 02'22 - 03'50 (Rodrigues)

 
  • 14'33 - 16'25 (Chagos)

 
  • 48'40 - 54'44 (enjeux géopolitiques de l'État-océan mauricien)

Friday, 13 December 2019

Premier collège - le défi des professeurs à Agalega (par Valérie Olla)

Curtis César va laisser pendant un an sa famille, dont sa fille Tatiana
qui se présente cette année au CPE, pour faire un « travail de pionnier ».
(Source : L'Express, 8 janvier 2008)
Kemlall Bhoowabul souhaite être «partie prenante»
du projet. (Source : L'Express, 8 janvier 2008)
Les jeunes d’Agalega pourront continuer à jouer  sur leur île
tout en allant au collège. (Source : L'Express, 8 janvier 2008)

 

L'Express, 8 janvier 2008



PREMIER COLLEGE


Le défi des professeurs à Agalega


Pour la première fois, Agalega accueille ses élèves au secondaire. Les trois professeurs qui ont été recrutés pour enseigner dans ce nouveau collège témoignent. Entrela « rétribution intéressante », et le challenge, ils balancent.

Jusqu’à l’an dernier, à Agalega, la rentrée des classes se limitait au primaire. Cette année, ce sera différent. 2008 marque un tournant. Pas de mères angoissées qui regardent partir pour Maurice leurs enfants d’à peine 11 ans, ni d’enfants déchirés entre l’envie de poursuivre leur scolarité et le refus de se séparer de leur famille. Le 10 janvier, pour la première fois, une quinzaine d’adolescents agaléens, de 11 à 15 ans, débuteront leur cycle secondaire sur leur île.

Cette année, seule la Form I fonctionnera. Le transit shed de l’île du Nord a été aménagé en salles de classe. Des pupitres, chaises, tableaux et ordinateurs ont déjà été acheminés vers Agalega depuis novembre.

Les professeurs, eux, au nombre de trois, mettent le cap sur l’île ce matin à bord du Dornier. Ils y resteront un an. Un an, cela peut paraître long, lorsque l’on est loin de sa famille, que l’on doit renoncer à ses habitudes et son confort pour s’adapter à un environnement différent. Mais un an, cela peut également paraître court, lorsque l’on a une «mission» à accomplir. Dans le cas présent, un collège à mettre en place. Faire de l’Agalega Lower Secondary School une réalité, c’est le défi que Kemlall Bhoowabul, Chanda Bholah et Curtis César ont décidé de relever.


Jamais mis les pieds



Lorsque Mauritius Educational Co. Ltd, organisme qui gère les collèges Medco à Maurice, lance, lors du troisième trimestre l’an dernier, un appel à candidatures interne pour recruter des professeurs pour enseigner à Agalega, une vingtaine répond à l’appel. Après un entretien, trois sont choisis. Aucun n’a jamais mis les pieds à Agalega. Ils ont déjà côtoyé des élèves originaires d’Agalega durant leur carrière, longue de deux ou trois décennies, et sont au courant des difficultés que rencontrent ces adolescents lorsqu’ils doivent venir poursuivre leur scolarité à Maurice. Cela doit changer, ils veulent y contribuer.

Mais s’exiler pour un an, cela comprend des sacrifices. Qu’est-ce qui peut bien motiver ces trois enseignants ? «Il y a certes des sacrifices à faire mais tout nouveau projet a un prix», soutient Kemlall Bhoowabul. Peut-être bien celui des «disturbance allowance» ? Si Kemlall Bhoowabul le consent du bout des lèvres, Chanda Bholah, lui, soutient que ce sont avant tout ces indemnités qui l’ont motivé à partir. «C’est un sacrifice que nous faisons que de quitter notre famille mais les indemnités, qui représentent presque 50 % de notre salaire, sont très intéressantes et encourageantes.»


Ils ne chômeront pas



Outre l’aspect pécuniaire, Chanda Bholah trouve que c’est «une très bonne idée» que de mettre en place un collège à Agalega. «C’est dans l’intérêt des Agaléens.» Kemlall Bhoowabul ajoute que le projet est «stimulant» et qu’il souhaite en être «partie prenante». Curtis César, lui, dit qu’il fera de son mieux pour accomplir «quelque chose dont je serai fier plus tard».

Tous sont d’avis que ce qu’ils s’apprêtent à accomplir est «un défi». «A Maurice, il y a des collèges bien établis. Là-bas, nous avons un travail de pionnier à faire. Je serai fier d’avoir été parmi les premiers à le faire. Nous allons partager nos connaissances avec les jeunes Agaléens afin qu’ils puissent devenir autonomes», soutient Curtis César.

Ce professeur de design quitte derrière lui deux enfants en bas âge. Sa fille Tatiana se présentera cette année aux examens du Certificate of Primary Education (CPE). Lui qui pensait partir en famille a dû revoir ses plans. D’une part parce que sa fille, justement, se présente au CPE, mais aussi parce qu’il n’y a pas suffisamment de place pour loger toute une famille. «Ce n’est pas facile mais j’ai déjà pris ma décision. Il faut aller de l’avant. Je téléphonerai souvent pour voir si tout va bien.» Les deux autres enseignants aussi doivent consentir à ce sacrifice. A regrets.

Mais à Agalega, ils seront très occupés. De l’emploi du temps à établir, au programme scolaire à définir en passant par la maintenance des ordinateurs, l’organisation des activités extrascolaires et l’accompagnement des élèves ainsi que des parents, ils ne chômeront pas. Le premier trimestre leur permettra d’évaluer le niveau des élèves. Au programme des cours, anglais, français, mathématiques, sciences, design mais aussi agriculture et travaux manuels. Une délégation du ministère de l’Education devrait se rendre à Agalega en avril afin d’évaluer le travail accompli.

Valérie OLLA

Radio amateurs : destination Agalega

Le Mauricien, 30 mai 2007


Radio amateurs : destination Agalega


Au Caudan Waterfront le samedi 2 juin, un groupe de Radio Amateurs de la Pologne embarquera sur Joséphine, un des plus grands catamarans construits à Maurice. Le capitaine Bethuel, le skipper pour le tout premier voyage de ce catamaran, aura Agalega comme destination.

À Agalega, les ressortissants polonais prévoient d'entrer en communication avec le réseau de Radio Amateurs du monde entier ; l'île Maurice sera sur les ondes pendant deux semaines, indique le ministère du Tourisme, qui souligne qu'il s'agit là d'un moyen novateur pour promouvoir un environnement touristique accueillant. Le ciblage d'un niche market est également privilégié.

Agalega : les promoteurs sud- africains « veulent trop de terres » (par Deepa Bhookhun)

Débarquement de marchandises à Agalega.
Les habitants de cette île peuvent faire le voyage vers Maurice quatre fois par an.
(Source : L'Express, 20 juin 2008)


L'Express, 20 juin 2008



« PRIVATE NOTICE QUESTION »

 

 

Agalega : les promoteurs sud- africains « veulent trop de terres »



ARCON a fait un projet de «private island estate» à Agalega, proposant un investissement de Rs 15,8 mds et la création de 560 arpents. Mais le gouvernement juge que les 460 hectares demandés sont « excessifs ».


Le projet de développement du groupe sud africain ARCON sur les îles Agalega n’a pas encore été approuvé. La difficulté se trouverait au niveau de la quantité de terres que demandent les promoteurs sud-africains pour concrétiser leur projet – 460 hectares que le gouvernement juge excessifs. C’est ce qui est ressorti d’une Private Notice Question (PNQ) posée par le leader de l’opposition Paul Bérenger au Premier ministre, Navin Ramgoolam, hier matin à l’Assemblée nationale.

ARCON est un groupe sud-africain, dont un des directeurs – l’actionnaire majoritaire selon le Premier ministre – est un Mauricien, Sylvio Madanamootoo. Ce groupe a fait une demande auprès du Board of Investment (BOI) en février 2006 pour un projet de développement de private island estate à Agalega.

Dès lors, le Fast Track Committee demande qu’ARCON donne davantage de détails sur le projet. Le projet new-look représente un investissement de Rs 15,8 milliards et dit pouvoir créer 560 emplois. La compagnie propose en outre de construire sa propre unité de dessalement d’eau, etc.

Le problème, dit le Premier ministre, c’est que les promoteurs auront besoin de 460 hectares de terres de l’Etat (à noter qu’il n’existe pas de terrains privés à Agalega, toutes les terres appartenant à l’Etat). «C’est trop», dit le PM. Une étude sur l’impact environnemental du projet est aussi en cours, note-t-il.

Mais ce projet mis à part, Agalega reste isolé de l’île Maurice et la PNQ de Bérenger portait essentiellement sur cet aspect, mais aussi sur la dimension politique de la chose. «Il faudrait faire plus pour les Agaléens», dit le leader de l’opposition.

A ce sujet, le PM a énuméré les réalisations de son gouvernement par rapport à Agalega – principalement la construction des maisons pour les habitants de l’île, la télécommunication et la construction prochaine d’un bâtiment de plusieurs étages pour abriter les 65 familles en cas de calamité naturelle.

Mais pour ce qui est de la piste d’atterrissage, le gouvernement pense que les travaux devraient se faire en deux phases – la première a trait à la reconstruction de la piste d’atterrissage et la deuxième concerne l’extension de la piste – sur une période de trois ans, de manière à permettre l’atterrissage d’avions cargo et de plus gros appareils. Ce sont des experts indiens qui ont procédé à la vérification de la piste d’atterrissage construite dans les années 80 et à laquelle des rénovations mineures ont été apportées en 1999.

En 2003, la compagnie GIBBS Mauritius est nommée consultant pour l’amélioration de la piste d’atterrissage et il y a même un appel d’offres qui sera par la suite annulé, puisque le budget 2004-2005 ne prévoit rien pour financer les travaux. C’est en 2006-2007 que le budget prévoit la somme de Rs 30 millions par la réfection de la piste d’atterrissage.


«Un ton très cordial»



Mais le coût des travaux – tels que recommandés par le gouvernement indien à qui le Premier ministre avait demandé de l’aide à ce sujet – est énorme. Navin Ramgoolam dit avoir demandé que l’Inde finance les travaux. Les discussions à ces sujets ne sont pas terminées, mais le PM affirme que «si nous n’arrivons pas à signer un protocol d’accord, nous allons devoir financer la piste d’atterrissage nous-mêmes».

En attendant, les 65 familles qui vivent à Agalega peuvent faire le va-et-vient entre leurs îles et Maurice quatre fois par an, en janvier, avril, juillet et novembre, en bateau. Et le Dornier se déplace s’il y a urgence ; l’avion a fait le déplacement à onze reprises durant l’année écoulée, principalement pour des raisons médicales.

Les enfants agaléens qui vont à l’école à Maurice peuvent eux, rentrer chez eux pendant les vacances d’avril et de novembre, gratuitement. Une lower secondary school sera bientôt en construction à Agalega de manière à ce que les enfants puissent rester avec leurs parents jusqu’à l’âge de 13 ans au moins.

Le ton des échanges était très cordial hier. Et lorsque Paul Bérenger devait proposer que ce soit une personne qui connaît très bien Agalega et qui a été élue par les Agaléens qui soit à la tête du Outer Island Development Council (OIDC) au lieu de Hervé Aimé, un nominé politique – ce qui, selon lui, donne à l’OIDC un rôle «plutôt colonial», des membres de la majorité s’écrient «Mahen, Mahen». Ils font référence à Mahen Jugroo, député du MSM et anciennement affecté à la OIDC.

«Si Mahen al laba, Agalega koule sa !» répond Bérenger avec un sourire. Avant de dire, faussement surpris : «Ah sa Mahen la zot pe dir ! Mo ti krwar zot pe kow Mahen Gowressoo !» en faisant rire l’hémicycle.

Deepa BHOOKHUN

Agalega : l'aide financière de l'Inde recherchée

Le Mauricien, 19 juin 2008




PNQ À la mi-journée



Agalega : l'aide financière de l'Inde recherchée


Le gouvernement prévoit également de doter Agaléga d'un port
à la place de l'actuelle jetée en raison des risques à la sécurité
(source : Le Mauricien, 19 juin 2008)



Le développement d'Agalega et la situation dans cette île étaient au cœur de la Private Notice Question (PNQ) du jour à la mi-journée. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam et le leader de l'opposition, Paul Bérenger, ont été unanimes à reconnaître l'urgence de prendre une décision quant à la reconstruction de la piste d'atterrissage à Agalega. Le PM a fait état de consultations avec l'Inde en vue d'une assistance financière pour ce projet et pour la construction d'un port à la place de la jetée à Agalega. À noter que la série de sept Private Notice Questions (PNQ) post-budget est caractérisée par des échanges entre gouvernement et opposition marqués par la courtoisie et une absence de propos acerbes, même si, de temps à autre, des éclats de voix se faisaient entendre.

Au sujet de la piste d'atterrissage, le Premier ministre a ajouté que, si les négociations n'aboutissaient pas, le gouvernement n'aurait d'autre choix que d'enclencher le projet de ses propres ressources financières.

Le PM a fait comprendre que le commissaire de police et le commandant de la Special Mobile Force (SMF) ont été appelés à revoir les plans, avec une présence plus renforcée, dans le cadre de la surveillance de la Zone économique exclusive (ZEE).

"Le gouvernement prévoit également de doter Agaléga d'un port à la place de l'actuelle jetée en raison des risques à la sécurité"

Bérenger : Le Premier ministre peut-il informer la Chambre si la piste d'atterrissage à Agalega est opérationnelle, si les nouvelles facilités portuaires d'embarquement et de débarquement sont disponibles et utilisées ; la fréquence des dessertes aériennes et maritimes, en révélant comment elles affectent la vie des habitants d'Agalega quand ils ont des problèmes de santé ; les enfants qui sont à Maurice pour les besoins d'études et les activités de l'Island Council et de confirmer si un projet de développement touristique a été autorisé et si les habitants d'Agalega ont bénéficié de baux pour les terrains résidentiels qu'ils occupent sur l'île ?

Ramgoolam : La Outer Islands Development Corporation (OIDC) m'a informé que l'actuelle piste d'atterrissage n'est pas fully operational. Cette piste avait été construite dans les années 80. En 1999, la Development Works Corporation (DWC) avait entrepris des travaux de réhabilitation à la piste et, depuis, d'autres travaux majeurs n'ont pas été effectués à ce niveau à Agalega. The airstrip has started to deteriorate. En 2003, les consultants de Gibb s'étaient vus confier la tâche de superviser un exercice d'appel d'offres. Des cotations furent reçues mais le contrat n'avait pas été alloué. La raison est que les dotations budgétaires nécessaires n'étaient pas prévues dans le Budget 2004/05.

En 2005, lors de ma visite officielle en Inde, j'ai approché les autorités indiennes au sujet de l'éventualité d'une assistance financière et technique pour le développement d'Agalega, notamment pour la piste d'atterrissage et le port. New Delhi avait consenti de mettre à la disposition de Maurice des équipements pour assurer la surveillance de la Zone économique exclusive de Maurice.

Pour la piste d'atterrissage, vu son état, il ne peut être question de réhabilitation. Il faudra complètement reconstruire cette infrastructure aéroportuaire. En octobre 2006, une mission technique indienne s'était rendue à Agalega. Les experts ont proposé un plan en deux phases pour l'infrastructure aéroportuaire, soit la première pour la reconstruction de la piste et la seconde étalée sur deux ans afin de permettre à de plus gros porteurs d'atterrir et de décoller à Agalega. Nous sommes en discussions avec l'Inde pour trouver le cadre approprié pour le développement d'Agalega.

En novembre de l'année dernière, l'OIDC a fait l'acquisition d'un nouveau chaland au coût de Rs 2 millions en vue de faciliter le débarquement et l'embarquement des passagers et des marchandises à Agalega. Une nouvelle grue a aussi été acquise. Les informations, qui m'ont été communiquées, indiquent qu'il n'y a pas de problème majeur à ce titre.

Pour ce qui est de la desserte maritime, l'OIDC prévoit quatre voyages par bateau, soit en janvier, avril, juillet et novembre. La corporation profite également du passage d'unités de la marine de pays amis pour assurer des Stop-Overs à Agalega. Le Dornier assure des vols d'urgence entre Maurice et Agalega et retour. Au cours de ces 12 derniers mois, Le Dornier a effectué 11 vols d'urgence à Agalega.

Le Dornier assure principalement des évacuations sanitaires après le feu vert des autorités médicales. Les patients ainsi transférés reçoivent une allocation représentant 50 % de leurs salaires pour la période qu'ils restent à Maurice avant de reprendre le prochain bateau vers Agalega. Les enfants peuvent regagner Agalega par bateau en avril et en novembre.

L'Agalega Commission se réunit deux fois par an à Agalega et il y a eu une vingtaine de réunions.

Je dois faire ressortir qu'il n'y a aucun projet touristique pour Agalega à ce stade.

La construction de maisons sur Agalega a commencé en 1997. Le 9 avril dernier, en tant que Premier ministre, j'ai remis à 59 familles d'Agalega des Letters of Intent. Le bail pour les terrains est en voie d'être finalisé. Les six autres familles obtiendront satisfaction une fois les maisons construites. J'apprends que la construction de duplex dans l'île a également démarré.

Bérenger : Cela fait trois ans que la piste d'atterrissage d'Agalega n'est pas opérationnelle. Le Nose Radar du Dornier est endommagé à chaque atterrissage à Agalega. Le Dornier est-il en mesure d'assurer la liaison avec Agalega en cas d'urgence ?

Ramgoolam : C'est affirmatif. Dans ma réponse liminaire, j'ai dit qu'au cours de ces douze derniers mois, il y a eu onze vols.

Bérenger : Le radar du Dornier a-t-il été endommagé ?

Ramgoolam : Pas à ma connaissance. Je sais qu'il y avait des problèmes avec le radar.

Bérenger : Le Premier ministre a fait état d'une étude des experts techniciens avec l'exécution en deux phases d'un projet pour l'aéroport d'Agalega. Peut-on savoir le coût et la période de mise à exécution du projet ?

Ramgoolam : It costs quite a bit. Les premières estimations qui m'ont été communiquées sont de quelque Rs 108 millions. Ils ont réparti les travaux en deux phases. Nous sommes en discussions au sujet d'une éventuelle assistance financière de l'Inde. Au cas contraire, le gouvernement devra trouver les moyens pour aller de l'avant avec ce projet.

Bérenger : Le Premier ministre a parlé de gros porteurs. Peut-on en savoir plus ?

Ramgoolam : Ils ont fait allusion à des avions cargo et autres gros porteurs.

Bérenger : Pour le financement de ce projet à Agalega, avons-nous approché officiellement le gouvernement indien ou encore des bailleurs de fonds sur le plan international ?

Ramgoolam : Nous avons déjà pris contact avec l'Inde pour savoir si ce pays ami est disposé à nous aider financièrement. Ils ont mis à notre disposition des équipements pour assurer la surveillance de la Zone économique exclusive. They could have helped us. Ils nous ont fourni de nouvelles cartes maritimes détaillées. Les experts indiens ont fait le déplacement à Agalega en octobre 2006 pour évaluer la situation par rapport à la piste d'atterrissage.

Bérenger : Le Premier ministre a utilisé le terme port pour Agalega. Mais il n'y a pas de port là-bas. C'est juste une jetée pour les opérations d'embarquement et de débarquement à l'arrivée et au départ du bateau. Depuis plus de trois ans, il y a un projet en vue de construire un port à Agalega. Le gouvernement est-il prêt à enclencher ce projet ?

Ramgoolam : C'est vrai. Agalega n'a qu'une jetée. Nous voulons doter cette île d'un port. Le gouvernement indien a établi des cartes maritimes nécessaires pour des activités maritimes dans cette région. This was part of their assignment.

Bérenger : Le Premier ministre devra étudier les difficultés rencontrées par des habitants d'Agalega en cas de maladie grave et où des soins ne sont pas disponibles dans l'île. Il y a également l'impatience des enfants, qui ont fait le déplacement à Maurice pour les besoins de leur scolarité, mais qui ne peuvent rentrer chez eux durant leurs vacances faute de bateau. Nous constatons que Le Dornier a dû entreprendre 11 vols d'urgence au cours de ces douze derniers mois. Le gouvernement peut-il s'assurer que le nécessaire soit fait pour doter Agalega d'une piste d'atterrissage dans les meilleurs délais ?

Ramgoolam : Nous avons déjà pris la décision. Si nous ne parvenons pas à un accord ou un Memorandum of Understanding avec l'Inde, nous irons de l'avant avec ce projet par nos propres moyens.

Bérenger : Le Premier ministre peut-il confirmer si l'Island Council d'Agalega est constitué comme il faut ? Peut-il révéler les noms des membres ? Autrefois, Agalega était géré sur des bases coloniales. Avec l'Island Council, nous avions voulu donner une voix aux 65 familles qui habitent Agalega. Un peu de la même manière que nous l'avions fait pour Rodrigues en attendant d'établir une instance démocratiquement élue par les habitants.

Ramgoolam : Je n'ai pas en tête tous les noms des membres. But the Agalega Island Council is fully constituted. Le président du Conseil est Hervé Aimée.

Bérenger : L'OIDC gérait Agalega comme une colonie. Le Conseil a été institué pour entendre la voix des habitants de l'île. Mais le fait de placer le président de l'OIDC à la tête du Conseil va à l'encontre des objectifs visés. Le Premier ministre peut-il s'assurer que la présidence de l'Agalega Island Council soit confiée à quelqu'un qui a à cœur le sort et l'avenir des habitants d'Agalega…

Bancs du gouvernement : Mahen (faisant allusion au député de l'opposition, Mahen Jhugroo)

Bérenger (croyant que la majorité indiquait le ministre Mahen Gowressoo : Be sa Agalega pou koule.

Ce quiproquo autour du nom de Mahen cède la place à un gros rire au sein de l'hémicycle avec le leader de l'opposition se rattrapant sur le nom de Mahen.

Bérenger : With the right Mahen, yes (se tournant vers Mahen Jhugroo, qui est assis à sa droite). Je maintiens qu'il n'est pas approprié d'avoir une nomination politique à la tête de l'Island Council comme c'est le cas avec le président de l'OIDC ?

Ramgoolam : Le leader de l'opposition connaît Hervé Aimée. Je ne crois pas qu'il soit une personne susceptible d'épouser une approche coloniale par rapport à Agalega. C'est pourquoi Mahen Jhugroo avait été nommé à cette instance auparavant.

Le leader de l'opposition fait état des difficultés pratiques pour les trois représentants des familles d'Agalega de participer aux délibérations de l'Agalega Island Council, qui se réunit à Maurice. Il revient sur l'urgence d'une piste d'atterrissage pour une meilleure desserte aérienne d'Agalega.

Bérenger : Voilà une raison supplémentaire pour accélérer les procédures pour la piste d'atterrissage. Pour revenir au secteur du tourisme, récemment, il y avait un groupe d'investisseurs étrangers intéressés à réaliser un développement dans l'île. Puis, nous n'avons rien entendu. There is room to have in Agalega a world-class project with a small airport of international standard. Le tout dans la préservation totale de l'environnement de l'île. Le gouvernement devrait tenter de rechercher des investissements pour ce genre de développement au bénéfice de Maurice et d'Agalega.

Ramgoolam : Je partage le point de vue du leader de l'opposition. Le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme m'indique qu'il y a des croisières à Agalega. Un groupe sud-africain avait soumis un projet de développement touristique à Agalega en décembre 2005. Le Fast Track Committee sur les investissements s'est penché sur le dossier lors de sa réunion de février 2006. Nous avions recherché des informations et des détails supplémentaires concernant le projet. En 2007, le Board of Investment (BoI) a étudié le dossier portant sur des investissements d'envergure. Il y avait des obligations sociales et également l'institution d'un projet de dessalement de l'eau de mer. Mais le principal contentieux reste la question des terres. Les promoteurs étaient trop exigeants quant à la superficie du terrain réclamé pour la mise à exécution du projet.

Bérenger : Puis-je avoir une idée de la demande en superficie soumise par les promoteurs ?

Ramgoolam : 400 hectares.

Bérenger : Guette Valayden ki kaoav fer!

Le Premier ministre indique que si la demande était accordée, le projet aurait couvert toute la partie est d'Agalega. Il a ajouté que le principal promoteur était un Mauricien, dont il avait déjà révélé l'identité.

Le leader de l'opposition met l'accent sur la nécessité de préserver l'écosystème d'Agalega et fait état des dégâts aux coraux lors de la traversée en tracteur de la mer séparant les deux îles formant Agalega.

Bérenger : Je suis heureux d'apprendre que des familles habitant Agalega ont reçu des Letters of Intent en attendant les documents de bail pour leurs terrains. Six familles sont dans l'attente de leurs maisons. Mais qu'en est-il de la propriété des maisons sur les terres de l'Etat ?

Ramgoolam : À un certain moment, nous avons décidé que nous allions adopter la même formule que celle pour les maisonnettes de la CHA.

Bérenger : Le Premier ministre peut-il confirmer qu'il n'y a pas de propriété foncière privée à Agalega ?

Ramgoolam : This is my understanding.

Bérenger : Agalega a connu un sort de laissé-pour-compte au cours de ces trois dernières années…

Des protestations se font entendre dans les rangs du gouvernement. Le leader de l'opposition riposte en soutenant que ce sont ceux qui maîtrisent le moins les dossiers qui sont les plus bruyants.

Bérenger : Les électeurs d'Agalega votent dans la circonscription n° 3. Quand j'étais Premier ministre, nous avons obtenu l'assistance de la France pour assurer un déplacement à Agalega. Malheureusement, ce jour-là, le Transall français prévu était tombé en panne. J'ai fait le déplacement à bord du Dornier. Je suis sûr que la France ne serait que trop heureuse de mettre à la disposition du gouvernement un Transall pour transporter une délégation comprenant le Premier ministre, des ministres, des officiels du gouvernement, des membres de l'Assemblée nationale, y compris le leader de l'opposition pour bien démontrer aux habitants d'Agalega que we all care for Agalega.

Ramgoolam : I must say yes. I want to give a good signal to Agalega. Nous avons alloué des Letters of Intent à 59 familles d'Agalega. Nous avons pris la décision de construire un centre de refuge d'une superficie de 4 000 p2 car Agalega n'est pas à l'abri des intempéries. L'infrastructure pour les télécommunications a été mise en place. Emtel s'y installera bientôt. De nouvelles facilités pour la réception des émissions de radio et de télévision de la MBC sont disponibles. Une Lower Secondary School a été ouverte à l'intention des élèves depuis le début de cette année. We have done quite a lot for Agalega.

Jhugroo : Le Premier ministre peut-il révéler le nombre de maisons construites avant 2005 et après 2005 ?

Ramgoolam : Entre 2000 et 2005, seules cinq maisons ont été construites à Agalega. Entre 1996 et 2000, 33 maisons avaient été construites. A partir de 2005, nous avons procédé à l'octroi de 59 Letters of Intent.

Bancs du gouvernement : Jhugroo, own goal !

Bérenger : The figures do not tally.

Jhugroo : Le Premier ministre est-il au courant que quand la DWC construisait des maisons à Agalega, le coût était trois fois supérieur ?

Sithanen : Ar to troi lakaz to inn konstrir !

Ramgoolam : Only five houses were constructed by you !

Bundhoo : Mille fois Mahen Gowressoo !

Bodha : À un certain moment, des planteurs avaient bénéficié d'un bail agricole pour des cultures vivrières. Peut-on savoir ce qu'il en est advenu ?

Ramgoolam : Des planteurs ! Non Iswardeo Seetaram, l'ancien Speaker de l'Assemblée nationale. Il avait commencé à planter mais a abandonné par la suite. Je préfère ne pas poursuivre dans cette voie…

Bérenger : L'Inde a fait preuve d'efforts de coopération au niveau de la surveillance de la Zone économique exclusive. N'y a-t-il pas lieu de renforcer la présence de la police et de la SMF à Agalega dans ce même cadre ?

Ramgoolam : J'ai déjà abordé la question avec le commissaire de police suppléant et le commandant de la SMF. Je leur ai indiqué mon souhait de voir à Agalega une présence permanente et renforcée.

Agaléga et quelques vérités bonnes à rappeler

Week-End, 13 avril 2008


 

Actualité commentée


Agaléga et quelques vérités bonnes à rappeler



Hervé Aimé, l'ex-député travailliste de Savanne - Rivière Noire, recasé depuis les élections générales comme Chairman de l'Outer Islands Development Corporation

( OIDC ) a peut-être émis un commentaire de nature historique, cette semaine. C'était mercredi dernier lors de la remise symbolique de lettres d'intention à 59 familles agaléennes qui deviendront dans la petite île les premiers propriétaires à bail de terrains sur lesquels leurs maisons ont été construites. "Nou pé koze la grande famille mauricienne. Nou nou oulé ogmante le bonheur intérieur brut parseki pou nou sé la personne humaine qui compter", a-t-il déclaré, en ajoutant également, qu'avec une plus grande mobilité à venir entre le mainland Mauritius et Agaléga, "cette petite île jusqu'ici fermée sera ouverte aux Mauriciens qui souhaiteraient y passer des vacances". C'est sublime !

Vingt-cinq familles agaléennes avaient fait spécialement le déplacement à Maurice pour participer à la cérémonie de remise des documents officiée par nul autre que le Premier ministre, Navin Ramgoolam lui-même, en présence du ministre du Logement et des terres et député de la circonscription, M. Asraf Dulull .

En parlant de bonheur, M. Aimé ne pouvait si bien dire. Effectivement, si la démarche gouvernementale a été, évidemment, très bien accueillie personne n'a, toutefois, oublié que l'accès au logement social et à la propriété de la terre, même partiellement, étaient des revendications majeures de très longue date formulées par la petite communauté outremerienne. Cette avancée démocratique et légitime, ainsi que le droit de lancer de petites entreprise d'éco-tourisme, de production et de services, figurait d'ailleurs en première place dans un cahier de doléances qu'avait remis au gouvernement, en décembre 2006, un comité de soutien composé du vicaire-général du diocèse de Port-Louis, Jean-Maurice Labour, Jack Bizlall et Laval Soopramanien (Président de l'Association des Amis d'Agaléga) après une mission de constat des conditions prévalant dans les deux petite îles d'Agaléga.

Le Premier ministre s'est tapé l'estomac, mercredi, en vantant les mérites de son gouvernement d'avoir permis aux Agaléens d'accéder, enfin, à la propriété foncière, mais personne n'a non plus oublié comment Navin Ramgoolam avait choqué son monde quand interpellé au Parlement au sujet des doléances véhiculées par le trio Labour-Bizlall-Sopramanien, il avait répondu qu'il n'entendait pas se laisser dicter par "every Tom, Dick and Harry". Ce commentaire blessant avait valu à Navin Ramgoolam une réplique non moins historique de la part de Bizlall lors d'un forum public au Centre Marie Reine de la Paix. La décence nous interdit de reproduire la réponse de Jack Bizlall, mais Navin Ramgoolam l'avait, ce jour-là, bien cherché...

Mais, à celui qui sait rectifier le tir, tout, ou presque, est pardonné. Le Premier ministre a eu effectivement de très bonnes nouvelles pour nos compatriotes Agaléens, mercredi dernier, avec de réels projets de développement qui devraient aider à sortir leurs deux îles d'Agaléga de leur insupportable isolement. Le Premier ministre a, entre autres, annoncé l'annulation du bail d'occupation de 235 arpents de terres attribués à une société coopérative mauricienne qui devait se lancer dans la culture d'oignons, de pommes de terre et autres agrumes. Les terres ainsi libérées seront cultivées par les résidents eux-mêmes pour leurs propres besoins alimentaires. De plus, en sus d'un collège qui dispensera de l'Education jusqu'au niveau de la forme III, évitant ainsi le déplacement des étudiants concernés vers Maurice, le gouvernement utilisera une ligne de crédit indienne pour améliorer la piste d'atterrissage et pour reconstruire le petit port de St. James, situé dans l'île du Nord.

En attendant que ces projets, pour lesquels promesses avaient été faites d'une visite de Navin Ramgoolam durant son premier mandat à la tête du gouvernement en 1998, se réalisent enfin, selon M. Hervé Aimée, le bateau qui quitte Port-Louis dès aujourd'hui pour ravitailler Agaléga emmène une équipe de la compagnie Emtel qui va installer quelques trois cents lignes de téléphone liées à l'internet. Le bateau transporte également une antenne qui devra permettre à chaque famille de recevoir les émissions de la MBC-Tv en sus des chaînes étrangères ( ndlr ; les Agaléens reçoivent depuis belle lurette plus facilement une trentaine de chaînes étrangères et ce plus facilement que celles de la MBC-Tv elle-même ).

Vantardise inappropriée


Mais, pour clore ce chapitre sur Agaléga, il y a deux autres faits qu'on ne saurait ne pas rappeler au Premier ministre :d'abord, sa vantardise quand il insiste que c'est lui qui a accordé le droit de vote aux Agaléens à partir de l'an 2000. Non seulement, Navin Ramgoolam veut faire accroire que c'est un privilège qu'il a, personnellement, accordé aux Agaléens alors que c'est un droit, en plus, il envoie une grosse pierre dans le jardin de son propre père. Même si c'est parfaitement vrai de souligner que durant ses treize années à la tête du pays avec ses multiples gouvernements - soutenu , à tour de rôle,tant par le Parti travailliste que par le MMM - Sir Anerood Jugnauth n'avait rien fait dans ce sens, la vérité historique demeure que ce sont d'abord les Anglais, jadis nos maîtres coloniaux, qui avaient méprisé la Convention européenne des Droits de l'homme qui les dictaient pourtant, depuis 1948, de mettre sur un même pied d'égalité tous les citoyens de leurs colonies qu'importait leur nombre - y compris donc Agaléga, Rodrigues et les Chagos - en leur permettant de voter aux élections. Ensuite, entre 1961, alors qu'il était devenu Chief Minister d'une île Maurice autonome et 1982 alors qu'il était, entre-temps seul maître à bord de l'île Maurice indépendante, Sir Seewoosagur Ramgoolam, le "Père de la Nation", ne se soucia pas le moindrement du droit démocratique des Agaléens à faire entendre aussi leur voix.

Des centres de refuge dus depuis... 1998 !


Ensuite, le Premier ministre a annoncé que, en raison de l'exposition d'Agaléga à la montée des eaux de la mer et aux tsunamis (les deux îles culminent à seulement 7 mètres), deux centres de refuge d'une hauteur de 30 mètres chacun seront construits pour la protection des résidents. Modestement, nous voudrions rappeler que c'est Week-End, dont un représentant avait accompagné Navin Ramgoolam à Agaléga en 1998 à bord d'un Transall français, qui avait fait ressortir la nécessité de ces centres de refuge construits en hauteur, dès le lendemain de son retour à Maurice en rappelant que lors du passage du cyclone Andry, vers la fin des années 80, Agaléga avait été dangereusement submergée. C'était bien longtemps avant le tsunami du 25 décembre 2004 ! Il est extrêmement malheureux que l'éphémère ancien ministre des Affaires maritimes et du Transport Extérieur, Pritviraj Putten, éliminé politiquement par son propre parti le MSM, n'avait pu concrétiser ce projet qui fut d'ailleurs largement débattu lors d'un atelier de travail organisé en mars 2005 par le Mauritius Research Council à Rose-Hill. Il y a des vérités qui sont encore toujours bonnes à dire. Ces centres de refuge en hauteur aurait dû, en fait, être la priorité des priorités en ce qui concerne la sécurité même de la population d'Agaléga...

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